Habib Benaouda
Face aux situations d’urgence et aux besoins transfusionnels susceptibles d’augmenter brutalement, l’Établissement hospitalo-universitaire (EHU) 1er Novembre 1954 d’Oran a renforcé son dispositif de sécurité en matière de disponibilité du sang. L’établissement dispose actuellement d’une réserve de 1 500 poches destinée aux situations exceptionnelles, tandis qu’environ 5 000 poches sont mobilisées chaque mois pour répondre aux besoins des patients.
Cette mise en alerte intervient alors que plusieurs wilayas du pays ont été confrontées à des circonstances particulières, notamment après les incendies enregistrés à Jijel et Béjaïa, qui ont fait plusieurs blessés nécessitant une prise en charge médicale et, dans certains cas, des transfusions sanguines.
Dans ce contexte, le Centre de transfusion sanguine de l’EHU a organisé, hier, une campagne de don afin de consolider les stocks et de garantir la disponibilité des différents groupes sanguins. L’objectif est notamment de pouvoir répondre sans délai aux situations nécessitant une transfusion en urgence.
Placée sous la supervision du professeur Mohamed Chemmal, l’opération a mobilisé les moyens humains et matériels nécessaires. Les responsables du centre ont également renouvelé leur appel aux citoyens à contribuer aux campagnes de collecte. Une mobilisation d’autant plus nécessaire que le sang demeure une ressource irremplaçable, dont la disponibilité dépend exclusivement des donneurs.
Selon le directeur général de l’EHU 1er Novembre 1954, Rabah Bar, quelque 5 000 poches de sang, tous groupes confondus, sont assurées chaque mois afin de couvrir les besoins des différents services de l’établissement. Une partie de cette ressource est également destinée à d’autres établissements publics de santé ainsi qu’à certaines cliniques privées dans le cadre de conventions établies. Quelque 1 200 poches leur sont ainsi orientées chaque mois.
L’EHU d’Oran assure également, lorsque la situation l’exige, un appui aux wilayas voisines confrontées à des besoins urgents, notamment en cas d’accidents graves, de situations critiques ou de catastrophes nécessitant d’importantes quantités de sang dans des délais très courts.
Plus de 70 interventions chirurgicales par jour
La pression exercée sur les réserves s’explique aussi par l’importance de l’activité médicale de l’établissement. Plus de 70 interventions chirurgicales sont réalisées quotidiennement au sein de l’EHU. Selon la nature de l’acte opératoire et l’état du malade, une seule intervention peut nécessiter deux poches de sang ou davantage.
Les services de maternité et d’hématologie figurent parmi ceux qui enregistrent les besoins les plus importants en produits sanguins, ce qui impose une gestion rigoureuse des stocks et une alimentation régulière des réserves.
Pour parer aux situations exceptionnelles, le Centre de transfusion sanguine dispose ainsi d’un stock de sécurité de 1 500 poches. Cette réserve constitue un filet de sécurité destiné notamment aux accidents majeurs et aux catastrophes, permettant de faire face à une augmentation soudaine de la demande.
Au-delà de ces réserves, l’établissement s’appuie sur un programme annuel de collecte. Des campagnes sont régulièrement organisées dans les places publiques, les mosquées, les administrations et différents établissements publics, en coordination avec le mouvement associatif. À ce dispositif s’ajoutent des opérations mobiles ainsi que l’accueil permanent des donneurs au niveau des centres de transfusion.
Dans un secteur où aucune alternative ne permet aujourd’hui de remplacer le sang humain, le don reste ainsi le maillon essentiel de toute la chaîne transfusionnelle. Un geste volontaire et simple qui, particulièrement en période de crise ou d’urgence, peut faire la différence entre une prise en charge réussie et une situation critique.




