Habib Benouda
À Bouamama, le temps semble avoir eu raison des espaces de proximité aménagés pour améliorer le quotidien des habitants. Réalisés en 2012, quatre espaces verts et un terrain de sport de proximité se trouvent aujourd’hui confrontés, selon les riverains, à un manque d’entretien qui a progressivement altéré leur vocation initiale. Plus d’une décennie après leur mise en service, les habitants demandent une véritable opération de réhabilitation plutôt que des interventions ponctuelles.
Ces équipements avaient pourtant été conçus comme des lieux de respiration au cœur du quartier. Espaces de détente pour les familles, aires de jeux pour les enfants et lieux de pratique sportive pour les jeunes, ils devaient contribuer à créer un environnement urbain plus agréable et mieux adapté aux besoins de la population.
Mais au fil des années, l’absence d’un entretien régulier aurait progressivement entraîné leur dégradation. Pour les habitants, cette situation est d’autant plus regrettable que les infrastructures existent déjà. Il ne s’agit donc pas, dans l’immédiat, de réclamer de nouveaux équipements, mais de sauver ceux qui ont été réalisés et de leur permettre de retrouver leur fonction.
« Il faut préserver ce qui existe avant de penser à réaliser autre chose », résument en substance des riverains, qui souhaitent voir les espaces verts réhabilités et entretenus de manière durable. Au-delà de l’image du quartier, ils mettent en avant une question liée directement au cadre de vie et à l’accès aux loisirs.
Les enfants et les jeunes figurent parmi les premiers concernés. Dans un secteur où les espaces de détente et de sport restent limités, le moindre équipement de proximité revêt une importance particulière. Le terrain de sport constitue à ce titre un point de convergence pour de nombreux jeunes, notamment ceux qui souhaitent pratiquer le football sans avoir à se déplacer vers d’autres quartiers.
Sa remise en état apparaît ainsi comme l’une des principales revendications exprimées par les habitants et la société civile. Réfection du terrain, entretien des équipements, amélioration des abords et suivi régulier sont autant d’interventions jugées nécessaires pour rendre à cet espace son attractivité.
La société civile interpelle, dans ce contexte, la commune d’Oran ainsi que l’entreprise publique de wilaya Oran Vert. Elle plaide pour la mise en place d’un programme clairement défini, assorti d’un calendrier d’intervention et surtout d’un dispositif d’entretien permanent. Car, estiment les habitants, une simple campagne de nettoyage ne saurait régler durablement le problème.
L’enjeu est également celui de la préservation des investissements publics. Réalisés depuis quatorze ans, ces équipements représentent un patrimoine de proximité qui risque de perdre progressivement sa valeur si leur entretien continue de faire défaut. Leur réhabilitation permettrait, au contraire, de rentabiliser les aménagements existants et de répondre rapidement aux attentes de la population.
À Bouamama, les habitants ne demandent donc pas nécessairement de nouvelles infrastructures. Ils réclament d’abord que celles qui existent soient sauvées, entretenues et rendues pleinement opérationnelles. Une intervention durable permettrait ainsi de transformer des espaces aujourd’hui délaissés en véritables lieux de vie, de rencontre et de loisirs pour les enfants, les jeunes et les familles du quartier.




