Habib Benaouda 

Près de 700 postes devraient être ouverts prochainement dans les établissements scolaires de la wilaya d’Oran afin de résorber une partie du déficit en personnel de service, qui s’est creusé depuis le gel des recrutements en 2015. Le manque à combler est aujourd’hui estimé à près de 2.000 agents, soit une moyenne de trois travailleurs par école.

Le déficit touche particulièrement les écoles primaires, dont la gestion relève des communes. Pendant plus d’une décennie, l’absence de recrutements réguliers a progressivement fragilisé les services indispensables au fonctionnement quotidien des établissements. Agents de sécurité, agents d’entretien, cuisiniers et personnels affectés aux cantines font notamment défaut dans plusieurs écoles.

Les cantines en première ligne

Parmi les besoins les plus urgents figure le renforcement des effectifs des restaurants scolaires. Le manque de cuisiniers et d’agents de restauration contraint encore certains établissements à recourir à des repas froids, faute de personnel suffisant pour assurer la préparation et le service des repas chauds.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’offre de restauration scolaire connaît une progression importante. Vingt-cinq nouvelles cantines ont été mises en service à l’occasion de la présente rentrée, après 24 autres l’année précédente. Dans le même temps, le nombre de repas servis quotidiennement est passé d’environ 98.000 à près de 210.000.

Cette montée en puissance des prestations de restauration accentue nécessairement les besoins en main-d’œuvre. Le recrutement annoncé devrait ainsi permettre de renforcer les équipes affectées aux cantines et de mettre fin à certaines solutions de fortune, comme l’affectation d’agents d’entretien aux restaurants scolaires, au détriment de leurs missions initiales.

23 nouveaux établissements à accompagner

Le besoin en personnel est également amplifié par l’extension du réseau scolaire. Pas moins de 23 nouveaux établissements ont été mis en service cette année à travers la wilaya, dont 11 écoles primaires, auxquels s’ajoutent 80 classes d’extension réparties entre les trois cycles d’enseignement.

Chaque nouvelle infrastructure implique pourtant des besoins supplémentaires en matière de sécurité, de nettoyage, de restauration et de services généraux. Sans effectifs suffisants, l’ouverture de nouvelles écoles risque ainsi de se traduire par un transfert du déficit plutôt que par sa résorption.

Dans ce contexte, les autorités locales envisagent également de revoir le mode de gestion des établissements scolaires. Un projet portant sur la création d’un établissement public dédié à la gestion des écoles serait à l’étude. L’objectif serait de sortir progressivement de la gestion assurée par les communes et de mettre en place une structure spécialisée, capable d’harmoniser la gestion des établissements et de mieux répondre à leurs besoins.

Avec près de 700 recrutements annoncés, les autorités espèrent surtout commencer à combler un déficit devenu structurel après onze années de gel. Au-delà des chiffres, l’enjeu est de garantir aux élèves des conditions de scolarisation dignes, en particulier dans les zones où l’éloignement des établissements rend les services de restauration et d’entretien indispensables.