Habib Benaouda 

À l’occasion de la session de septembre, la Direction de la formation et de l’enseignement professionnels de la wilaya d’Oran intensifie ses actions d’information en direction des jeunes. Une caravane d’information et de sensibilisation sillonne ainsi plusieurs régions de la wilaya afin de faire connaître les spécialités proposées, les conditions d’accès et les perspectives offertes par la formation professionnelle.

L’initiative, menée en coordination avec plusieurs organismes d’accompagnement, associations et organisations de la société civile, entend surtout rapprocher l’offre de formation de son public. À travers des espaces de contact direct, les jeunes sont informés sur les parcours disponibles dans les 30 établissements de formation professionnelle de la wilaya, mais également sur les différentes possibilités d’inscription et d’orientation.

Des supports d’information sont distribués à cette occasion afin de permettre aux candidats de mieux identifier les établissements, les spécialités dispensées et les conditions requises pour accéder aux différentes formations. La caravane constitue également un espace d’accompagnement pour les jeunes souhaitant effectuer leur inscription via la plateforme électronique dédiée.

Au-delà de la simple présentation des offres, l’objectif est de mettre en avant les formations susceptibles de déboucher sur des compétences directement mobilisables dans la vie active. Certaines spécialités permettent en effet d’acquérir un savoir-faire pratique et une qualification pouvant faciliter l’accès à un emploi ou constituer un point de départ pour la création d’une activité indépendante.

Une seconde chance pour les décrocheurs

Dans ce dispositif, la formation professionnelle représente également une voie de réinsertion pour les jeunes ayant quitté prématurément le système scolaire, notamment ceux ayant interrompu leur scolarité au collège ou au lycée. Pour de nombreux parents, le développement de passerelles vers les différentes spécialités pourrait offrir à ces jeunes une alternative concrète au chômage et à l’inactivité.

La question des conditions d’accès reste toutefois posée. Des parents appellent notamment à une révision de certains critères, particulièrement pour les jeunes qui ne disposent pas du niveau scolaire exigé pour accéder à certaines spécialités. Ils estiment qu’un assouplissement des conditions pour plusieurs métiers à dominante pratique, notamment la mécanique, la menuiserie ou le bâtiment, permettrait d’élargir le nombre de bénéficiaires et de donner à cette catégorie de jeunes la possibilité d’acquérir à la fois un métier et une qualification.

Pour ces parents, l’enjeu dépasse ainsi la seule insertion professionnelle. Il s’agit également de proposer aux jeunes, notamment aux mineurs en rupture avec le système scolaire, des parcours susceptibles de réduire le temps d’inactivité et les risques sociaux qui peuvent l’accompagner. L’absence de qualification constitue en effet un handicap majeur pour l’accès au marché de l’emploi et complique davantage l’insertion des jeunes ayant quitté l’école sans diplôme ni formation.

Adapter les compétences aux besoins du marché

En parallèle de cette campagne d’information, les services de la formation professionnelle poursuivent le renforcement de leurs relations avec les entreprises et les organismes spécialisés. Quatre conventions de formation et de coopération ont été conclues ces derniers mois avec plusieurs institutions, dont l’Observatoire national du tourisme et de l’hôtellerie, l’Institut national de la propriété industrielle, l’École nationale des services polyvalents et l’Entreprise nationale de l’industrie chimique.

Ces accords traduisent une volonté d’adapter progressivement les parcours de formation aux besoins des secteurs économiques. Le tourisme et l’hôtellerie, l’innovation, l’industrie mécanique, le bâtiment ainsi que la désalinisation de l’eau de mer figurent notamment parmi les domaines concernés.

À travers cette démarche, l’enjeu est de réduire le décalage entre les qualifications dispensées et les besoins du marché du travail. Pour les jeunes, l’objectif est surtout de transformer la formation en véritable levier d’insertion, en privilégiant des compétences pratiques, des qualifications recherchées et des parcours susceptibles de déboucher sur un emploi ou une activité professionnelle.