A l’approche des élections générales, des jeunes marocains qui avaient investi il y a un an la rue pour réclamer de meilleures conditions de vie et davantage de perspectives, restent profondément sceptiques à l’égard des partis politiques, avec la conviction qu’aucun changement réel ne sortira des urnes.
Dans un reportage consacré à cette génération publié lundi sur Middle East Eye (MEE), sous le titre « Mon vote compte-t-il vraiment ? », le média décrit une jeunesse marocaine tiraillée entre l’espoir d’un changement et une défiance persistante envers la classe politique.
La question renvoie à une interrogation plus profonde sur l’efficacité du vote prévu le 23 septembre comme instrument de changement, soulignent les médias britanniques. Certains jeunes se demandent si l’alternance entre partis peut réellement répondre à leurs préoccupations quotidiennes.
Selon les témoignages recueillis par le média, un sentiment de distance entre les jeunes et les institutions politiques ne cesse de se creuser. Les promesses électorales non tenues, la corruption et les difficultés économiques alimentent ce défiance.
Pour une partie de cette génération, les campagnes électorales peinent à répondre aux préoccupations concrètes qui ont alimenté sa colère : les perspectives d’emploi, les conditions de vie et l’accès à des services publics jugés en fonction de leurs attentes.
A travers les témoignages recueillis, Middle East Eye dessine ainsi le portrait d’une génération qui n’a pas préalablement renoncé à la politique, mais qui réclame des réponses à ses préoccupations et des preuves que sa participation peut réellement produire un changement. A quelques jours du scrutation, le véritable enjeu n’est donc pas seulement de savoir si les jeunes iront voter, mais aussi de comprendre pourquoi une bonne partie d’entre eux continue de se demander si leur voix peut réellement peser.
MEE a souligné le contraste entre la capacité de mobilisation de la jeunesse marocaine et son scepticisme vis-à-vis de la participation électorale.
En effet, cette jeunesse qui s’est mobilisée collectivement dans la rue il y a un an pour réclamer de meilleurs services publics et davantage de perspectives, reste hésitante face au bulletin de vote. « Est-ce que mon vote compte-t-il vraiment? », s’interroge-t-elle.
Les mobilisations de l’année précédente avaient démontré sa capacité à faire entendre ses revendications. Mais le passage de la contestation sociale à la participation électorale ne va pas de soi, relève MEE.
MEE insiste sur les promesses non tenues et sur la corruption comme facteurs nourrissant le désenchantement de cette jeunesse. Le problème n’est donc pas seulement le manque d’intérêt pour les élections : c’est aussi la difficulté pour les partis de convaincre une génération qui exige des résultats concrets.




