Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues françaises samedi et dimanche pour protester contre la proposition de loi relative à l’usage « légitime » des armes par les forces de l’ordre, un texte qu’ils considèrent comme un risque pour les libertés publiques et les droits des citoyens.

A l’appel du collectif « Stop aux violences d’Etat », d’associations, de syndicats et de formations politiques, une centaine de rassemblements étaient annoncés à travers le pays. Portée par plus de 150 organisations, la mobilisation entend peser sur la suite du processus parlementaire, alors que le texte doit encore être examiné par le Sénat.

A Paris, le rassemblement avait notamment pour objectif de maintenir la pression alors que la proposition de loi doit encore être examinée au Sénat. Des slogans et pancartes dénonçaient la réforme et plus largement les violences policières. Les manifestants entendaient ainsi « faire échouer cette loi », selon le mot d’ordre relayé lors de la mobilisation.

La ville de Rennes a également été marquée par des tensions en fin de parcours. Selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine, des projectiles ont été lancés en direction des policiers et du mobilier urbain a été dégradé. Amnesty International France, qui participe à la mobilisation, avait appelé à une « grande marche nationale », organisée dans plus d’une vingtaine de villes en métropole et outre-mer. L’organisation affirme avoir recueilli plus de 730.000 signatures contre la proposition de loi.

Le texte adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 7 juillet prévoit que les policiers nationaux et les gendarmes ayant fait usage de leur arme dans l’exercice de leurs fonctions soient présumés avoir agi dans le cadre légal, sous réserve du respect des conditions d’ « absolue nécessité » et de « stricte proportionnalité « .

Amnesty International et d’autres organisations parlent d’un « permis de tuer », estimant que la réforme pourrait fragiliser les garanties entourant l’usage de la force létale.

La mobilisation intervient dans un contexte de forte polarisation autour des conditions d’usage des armes par les forces de l’ordre. Les organisations opposées au texte considèrent qu’il risque d’affaiblir les mécanismes de contrôle de l’action policière. A l’inverse, ses défenseurs estiment qu’il vise à mieux protéger les policiers et les gendarmes lorsqu’ils utilisent leur arme dans le cadre de leurs missions.