S Hadjar
La lutte contre l’occupation anarchique du littoral se poursuit à Mers El Kébir. Plusieurs garages destinés à abriter des bateaux de pêche, aménagés sans organisation sur le front de mer, ont été démolis jeudi dernier lors d’une opération menée au niveau de plusieurs points de la corniche. Une intervention qui remet au centre des préoccupations la question de l’utilisation des espaces côtiers et de la cohabitation entre les activités maritimes, les usages touristiques et les impératifs de sécurité.
L’opération a mobilisé les services de la daïra d’Aïn El Turck, en coordination avec les gardes-côtes, l’unité marine de la Protection civile et les services de la Gendarmerie nationale. Elle a porté sur des installations fixes ou semi-fixes utilisées pour le stationnement et le stockage de bateaux ainsi que de différents équipements liés à la pêche.
Sur les corniches Est et Ouest, l’apparition successive de ce type d’aménagements a progressivement modifié l’usage de certains espaces du front de mer. Dans plusieurs endroits, les garages ont été installés dans des espaces ouverts, à proximité des voies de circulation ou des passages côtiers, donnant lieu à une occupation qui s’est développée au fil du temps.
Une occupation progressive du front de mer
Le problème soulevé ne concerne pas la présence des embarcations de pêche en elle-même. La pêche traditionnelle constitue une activité intimement liée à l’histoire et à l’identité maritime de Mers El Kébir. C’est plutôt l’implantation de structures non organisées dans des espaces côtiers qui pose la question de l’usage du domaine public et de la préservation de la vocation initiale de ces lieux.
L’installation durable de garages et de lieux de stockage a également contribué à une certaine dégradation du paysage urbain et côtier. Dans une commune dont le front de mer constitue un espace fréquenté par les habitants, les estivants et les visiteurs, l’organisation des différents usages apparaît comme un enjeu important.
À cela s’ajoute la question de l’accès aux espaces côtiers en cas d’intervention. La présence d’installations et d’obstacles à proximité immédiate du rivage peut compliquer l’intervention des services de secours, notamment de la Protection civile et des gardes-côtes, lorsque l’accès rapide à certains points devient nécessaire.
Le nécessaire équilibre avec l’activité de pêche
La démolition des garages anarchiques ouvre cependant une autre question : celle du devenir des bateaux et des équipements appartenant aux professionnels de la pêche. La réorganisation du littoral ne peut, en effet, se limiter à la suppression des installations irrégulières sans apporter de réponse aux besoins des professionnels qui doivent disposer d’espaces appropriés pour leurs embarcations et leur matériel.
Dans cette perspective, la définition de zones clairement identifiées et aménagées pourrait permettre de mieux séparer les espaces consacrés aux activités de pêche de ceux destinés à la circulation, aux loisirs et à la fréquentation touristique. Un tel dispositif contribuerait également à clarifier les conditions d’utilisation du domaine côtier et à limiter les extensions anarchiques.
La question se pose avec davantage d’acuité sur les corniches Est et Ouest, où la multiplication progressive des installations a fini par créer une occupation visible de plusieurs portions du littoral. Une surveillance régulière des espaces libérés apparaît dès lors nécessaire afin d’éviter leur réoccupation ou la réapparition de constructions similaires.
Au-delà de la démolition, l’enjeu sera donc de préserver les espaces récupérés, d’en assurer le nettoyage et, lorsque cela s’avère nécessaire, la remise en état. Il s’agit également de maintenir un suivi de terrain permettant de prévenir toute nouvelle occupation irrégulière.
À Mers El Kébir, cette opération constitue ainsi une étape dans la réorganisation de la façade maritime. Elle met en évidence la nécessité d’une approche globale du littoral, conciliant préservation des espaces publics, sécurité, qualité du paysage côtier et maintien des activités liées à la pêche traditionnelle.
La commune étant à la fois un espace maritime, résidentiel et touristique, la gestion de son front de mer suppose une répartition plus claire des usages. L’objectif consiste désormais à empêcher que des occupations initialement temporaires ne se transforment progressivement en installations permanentes, tout en permettant aux professionnels de la mer d’exercer leur activité dans des espaces adaptés et réglementés.




