H. Nassira
La tomate et la pomme de terre devraient bénéficier de l’arrivée de nouvelles récoltes, tandis que certains détaillants multiplient les initiatives « Rahma » pour alléger la facture des ménages
Après plusieurs semaines de tension sur les prix de certains produits agricoles, notamment la tomate et la pomme de terre, une relative accalmie pourrait se dessiner sur les marchés d’Oran à partir du mois de novembre. C’est du moins l’évolution anticipée par la Fédération des commerçants de gros de fruits et légumes du marché d’El Kerma, qui table sur une amélioration progressive de l’offre à la faveur de l’arrivée de nouvelles récoltes.
Cette perspective est liée principalement à l’augmentation attendue des volumes disponibles sur les marchés. Selon les professionnels, les agriculteurs s’emploient actuellement à achever les récoltes et à améliorer la qualité des productions, après une saison estivale particulièrement éprouvante pour certaines cultures.
La Fédération, affiliée à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), estime que les opérations menées par les agriculteurs sur les sols, notamment en matière de traitement et de fertilisation, devraient contribuer à obtenir une production de meilleure qualité et à renforcer progressivement l’approvisionnement des marchés. Une amélioration de l’offre au niveau du marché de gros devrait, par conséquent, se répercuter sur les prix pratiqués en aval.
La chaleur, facteur de tension sur les marchés
La récente envolée du prix de la tomate est notamment attribuée aux conditions climatiques exceptionnelles enregistrées durant l’été. Dans une déclaration à CapDz, Nabil Kouissi, président de la Fédération des commerçants de fruits et légumes du marché d’El Kerma et agriculteur, souligne que les perturbations enregistrées sur les marchés des produits maraîchers ne sont pas propres à l’Algérie.
Des pays européens ont également connu des fluctuations des prix de certaines productions agricoles, sous l’effet des conditions météorologiques et des fortes chaleurs ayant affecté, voire endommagé, une partie des récoltes.
À Oran, les professionnels misent désormais sur l’arrivée de nouvelles quantités de tomate et de pomme de terre en provenance notamment d’Oued Souf. Pour la pomme de terre, les apports attendus de différentes régions productrices, dont Oued Souf, In Salah et Biskra, devraient également contribuer à renforcer l’offre et à détendre progressivement les cours.
Au marché de gros d’El Kerma, la tomate était proposée aujourd’hui entre 80 et 130 DA le kilogramme, contre 80 à 90 DA/kg pour la pomme de terre. Le poivron doux était cédé entre 60 et 120 DA/kg, tandis que la courgette affichait des prix oscillant entre 100 et 140 DA/kg.
Des réductions en fin de journée
En attendant une éventuelle détente durable des prix, certains commerçants de détail tentent, de leur côté, de réduire la facture pour les consommateurs. Des initiatives observées notamment au niveau du marché de Belgaïd, où certains détaillants procèdent à des réductions en fin de journée, particulièrement à partir de 17h30, période correspondant à une hausse de l’affluence des consommateurs.
Les baisses peuvent atteindre 30 % par rapport aux prix pratiqués durant la matinée, selon les cas. Une démarche présentée comme une initiative de solidarité destinée à permettre aux ménages de bénéficier de tarifs plus accessibles dans un contexte marqué par la hausse de certains produits.
Cette pratique semble trouver un écho favorable auprès des consommateurs. Certains déclarent privilégier les commerces qui maintiennent ce type d’initiative au-delà des seules périodes de forte tension sur les prix. Des détaillants vont jusqu’à réserver certaines caisses ou certains volumes de marchandises à des tarifs réduits à des moments précis de la journée, donnant ainsi à leurs points de vente une configuration proche des « marchés Rahma ».
La multiplication de ces initiatives alimente également une demande exprimée par les citoyens : voir ces opérations se maintenir précisément durant les périodes où les prix connaissent de fortes hausses, lorsque la pression sur le budget des ménages se fait le plus sentir.
Parallèlement à ces initiatives commerciales, les opérations de contrôle se poursuivent. Les agents chargés de la surveillance du marché effectuent des sorties régulières, notamment au niveau du marché de gros d’El Kerma, afin de suivre l’état de l’approvisionnement, de contrôler les pratiques commerciales et de veiller à la transparence des transactions.




