H. Benaouda
À quelques semaines du lancement de la récolte, la pression monte dans les oliveraies de la wilaya d’Oran. Les producteurs redoublent de vigilance face aux ravageurs, notamment la mouche de l’olive, dont les dégâts peuvent compromettre à la fois la qualité des fruits et le rendement. Mais si la protection des vergers s’impose, les spécialistes mettent en garde contre le recours anarchique aux produits phytosanitaires, particulièrement en fin de saison.
La lutte contre la mouche de l’olive ne passe pas nécessairement par une multiplication des pulvérisations. Elle doit d’abord s’appuyer sur une surveillance régulière des arbres et une évaluation du niveau réel d’infestation, avant toute décision de traitement. Les professionnels insistent également sur le respect scrupuleux des prescriptions figurant sur les emballages des produits, notamment les doses et le délai de sécurité à observer avant la récolte.
Le délai avant récolte, une règle incontournable
Ce délai n’est pas identique pour tous les produits. Il dépend de la matière active, de sa concentration et du mode d’application. Il est donc exclu d’appliquer une durée uniforme entre le dernier traitement et la cueillette. Le respect de cette période est essentiel pour éviter la présence de résidus chimiques susceptibles d’affecter la sécurité du produit, d’autant que les olives sont directement destinées à la transformation et à la production d’huile.
Les spécialistes soulignent, par ailleurs, le rôle déterminant de l’accompagnement technique. En l’absence de conseils spécialisés, certains producteurs peuvent être tentés d’intervenir dans l’urgence, notamment lorsque l’infestation est détectée tardivement. D’où la nécessité d’un accompagnement plus étroit par les services agricoles et de la protection des végétaux.
Les professionnels préconisent, à ce titre, la lutte intégrée, fondée sur la surveillance des vergers, l’utilisation de pièges attractifs et des traitements ciblés lorsque leur nécessité est établie. Une approche qui permet de réduire l’usage des pesticides, de préserver l’équilibre de l’environnement agricole et de limiter les coûts pour les exploitants.
Préserver aussi les arbres au moment de la récolte
La qualité de la production se joue également lors de la cueillette. Les spécialistes déconseillent notamment l’usage des bâtons pour faire tomber les olives, cette pratique pouvant blesser les branches et créer des portes d’entrée aux maladies. Des techniques de récolte mieux adaptées sont ainsi recommandées afin de préserver la santé des arbres.
La filière oléicole connaît une progression à Oran, notamment à Oued Tlélat, Boutlélis, Misserghine et El Kerma. La wilaya compte environ 8 973 hectares d’oliviers, dont 7 425 hectares productifs, et a bénéficié d’un programme portant sur la plantation de 45 000 plants sur 112 hectares. La saison écoulée a enregistré une production de 98 000 quintaux d’olives de table et 31 500 quintaux destinés à la transformation, avec un rendement global supérieur à 18 quintaux à l’hectare.
Pour les professionnels, la consolidation de cette filière passe autant par l’extension des superficies que par l’amélioration des rendements et le respect de l’itinéraire technique, de la protection des arbres jusqu’à la récolte et à la transformation.




