Par Meriem B et Fatima B
À Oran, la 14e édition du NAPEC acte un changement d’approche dans le débat énergétique. Il n’est plus question d’opposer les hydrocarbures aux énergies renouvelables, mais de les intégrer dans un système capable de garantir à la fois sécurité énergétique, accessibilité des prix et réduction des émissions. De Sonatrach à ALNAFT, des pouvoirs publics aux partenaires africains et américains, le même message se dégage : l’heure est désormais à la concrétisation des opportunités, à l’investissement et à la construction de nouvelles chaînes de valeur.
Arkab: « L’Algérie veut transformer les opportunités énergétiques en projets concrets »
De la sécurité énergétique à la réduction des émissions, en passant par l’investissement et les nouvelles technologies, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a exposé hier à Oran les grandes lignes de la stratégie algérienne dans un secteur en pleine recomposition. Il a notamment appelé les partenaires étrangers à s’engager dans des projets concrets et de long terme.
L’Algérie entend consolider son rôle de plateforme énergétique et industrielle reliant l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. C’est le message central porté par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, à l’ouverture de la 14e édition du Salon et Conférence africains et méditerranéens de l’énergie et de l’hydrogène (NAPEC), organisée à Oran sous le thème de « l’addition énergétique ».
Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés et le renforcement des exigences environnementales, le ministre a défendu une approche fondée non pas sur l’opposition entre les différentes sources d’énergie, mais sur leur complémentarité. Pour l’Algérie, la transition énergétique doit ainsi être « progressive et responsable », tout en restant compatible avec les impératifs de sécurité des approvisionnements et de développement économique.
Le gaz au cœur du mix énergétique
Dans cette équation, le gaz naturel continuera, selon Mohamed Arkab, à jouer un rôle majeur, en tant que source de flexibilité énergétique et levier de valorisation industrielle. Les besoins mondiaux en pétrole et en gaz devraient, a-t-il rappelé, se maintenir durant les prochaines décennies, justifiant la poursuite des investissements dans les hydrocarbures parallèlement au développement des énergies propres et des technologies bas carbone.
Le ministre a, dans ce cadre, mis en avant le potentiel offert par le cadre juridique algérien, notamment la loi 19-13 sur les hydrocarbures, destinée à favoriser l’investissement dans l’exploration, la recherche et la production, ainsi que le recours aux technologies modernes, notamment celles de récupération assistée.
Après le succès de l’Algeria Bid Round 2024, la nouvelle édition de l’appel d’offres, Algeria Bid Round 2026, doit ouvrir de nouvelles perspectives aux investisseurs. Mohamed Arkab a invité les compagnies, les opérateurs de services, les bureaux d’ingénierie et les partenaires technologiques à saisir ces opportunités et à privilégier le transfert de savoir-faire, l’innovation et la promotion du contenu local.
Sonatrach accélère sur le numérique et le bas carbone
Le ministre a également détaillé les priorités du groupe Sonatrach, qui portent notamment sur le développement de l’amont, le renouvellement des réserves, l’optimisation des champs matures, le renforcement des capacités de transport et la valorisation des hydrocarbures.
La numérisation, l’intelligence artificielle, la maintenance prédictive, l’efficacité énergétique et le transfert technologique figurent désormais parmi les principaux leviers de compétitivité du secteur.
Sur le volet environnemental, Sonatrach vise l’élimination du torchage routinier du gaz à l’horizon 2030 et des niveaux proches de zéro pour les émissions de méthane à la même échéance. Selon les chiffres avancés par le ministre, les volumes de gaz torché ont déjà diminué de 25% entre 2020 et 2024, tandis que les projets de récupération du gaz associé ont permis de valoriser plus d’un milliard de mètres cubes.
Autre chantier évoqué : le gazoduc transsaharien (TSGP), présenté comme un projet à dimension africaine destiné à relier les ressources du continent aux marchés méditerranéens et européens. Mohamed Arkab a indiqué que les travaux du tronçon algérien, dans la région d’Aoulef, à Adrar, avaient été lancés en juin dernier.
En clôture de son intervention, le ministre a lancé un appel aux entreprises, institutions financières, fournisseurs de technologies, bureaux d’études et centres de recherche pour construire avec l’Algérie des projets « réalisables et finançables », créateurs d’emplois, de compétences et de valeur ajoutée. Pour Mohamed Arkab, l’« addition énergétique » doit désormais se traduire par des investissements, des infrastructures, des technologies et des compétences, et non rester au stade du discours.




