M. B

À l’ouverture, hier à Oran, de la 14e édition du NAPEC, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a détaillé les grands axes de la stratégie algérienne de diversification énergétique, entre accélération du solaire, développement de l’hydrogène vert et renforcement des partenariats énergétiques en Afrique et avec l’Europe.

Le rendez-vous énergétique d’Oran s’ouvre sur fond de profondes mutations du secteur. La 14e édition du NAPEC, qui se tient du 5 au 7 octobre au Centre des conventions d’Oran (CCO), réunit les principaux acteurs de l’industrie énergétique autour des enjeux liés à la sécurité des approvisionnements, à la transition énergétique et aux nouvelles opportunités d’investissement.

Intervenant lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a placé son allocution sous le signe de la nécessité de concilier sécurité énergétique, développement économique et réduction de l’empreinte carbone. Face à l’accélération des mutations du secteur, il a plaidé pour l’émergence de nouveaux modèles énergétiques capables de répondre aux impératifs climatiques sans compromettre les besoins du développement.

Pour le ministre, cette transformation passe par plusieurs défis simultanés, notamment la modernisation des infrastructures, l’intégration des réseaux intelligents, le développement des capacités de stockage, mais aussi la mobilisation des financements et la formation de nouvelles compétences.

Le solaire passe à la vitesse supérieure

Dans cette stratégie, les énergies renouvelables occupent une place croissante. Mourad Adjal a notamment fait état de l’avancement du programme solaire photovoltaïque, dont la première phase, d’une capacité globale de 3 200 MW, est actuellement en cours de mise en service.

L’effort doit également s’étendre à d’autres filières. Le ministre a annoncé le lancement d’études consacrées au développement de projets éoliens et hydroélectriques, ainsi que des études préparatoires pour de futurs projets pilotes dans les domaines de la géothermie et de la biomasse.

Cette diversification doit s’accompagner d’une modernisation du réseau électrique et du développement des interconnexions régionales, afin d’améliorer la gestion des réseaux, de renforcer les échanges d’électricité et de consolider la sécurité énergétique régionale.

L’hydrogène vert comme nouvelle frontière

Autre priorité affichée à l’ouverture du NAPEC : l’hydrogène vert. L’Algérie ambitionne de développer progressivement une véritable chaîne de valeur nationale, allant de la production d’électricité renouvelable à la fabrication des équipements d’électrolyse, jusqu’à la production, au transport, au stockage et à l’utilisation de l’hydrogène et de ses dérivés.

Mourad Adjal a également mis en avant le projet SoutH2 Corridor, destiné à développer les capacités algériennes de production d’hydrogène vert et à contribuer à l’approvisionnement du marché européen.

Le ministre a enfin insisté sur la dimension africaine de cette stratégie, soulignant la volonté de l’Algérie de renforcer sa présence énergétique sur le continent à travers le partage de son expertise et la réalisation de projets dans l’électricité et les énergies renouvelables.

À travers cette feuille de route, présentée devant les acteurs réunis au NAPEC, Alger entend faire de la diversification énergétique non seulement un enjeu de sécurité, mais également un levier d’investissement, d’industrialisation, de création d’emplois et de coopération régionale.