Les défis d’une nouvelle ère énergétique

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Wassila. B

Le NAPEC, qui se tient actuellement au Centre des conventions d’Oran, nous offre une fenêtre privilégiée sur les mutations profondes qui redessinent le paysage énergétique mondial. En consacrant ses débats à l’hydrogène, ce rendez-vous incontournable ne se contente pas de suivre une mode technologique : il acte une réalité incontournable. Ce domaine, porteur de promesses considérable, incarne à lui seul l’ambition d’un avenir énergétique plus propre, plus efficient. Mais il rappelle aussi, avec une acuité particulière, que toute projection dans le futur s’accompagne de défis qu’il serait imprudent de sous-estimer. L’Algérie, forte de ses atouts naturels et de son expérience dans le secteur énergétique, se trouve à un carrefour stratégique où les choix opérés aujourd’hui détermineront sa place dans la nouvelle carte énergétique mondiale.

L’hydrogène, présenté comme le pilier stratégique de cette nouvelle ère, suscite un enthousiasme légitime. Le projet AltH2A, porté notamment par Sonatrach, illustre cette volonté de l’Algérie de se positionner sur ce marché d’avenir. Les atouts du pays sont indéniables : un potentiel solaire exceptionnel, un réseau de transport gazier déjà connecté à l’Europe, des infrastructures de base solides et un capital humain compétent. Pourtant, les intervenants du panel dédié à cette question ont eu la sagesse de ne pas céder à l’euphorie. Les défis sont réels : il faut maîtriser l’ensemble de la chaîne, de la production à la commercialisation en passant par le transport, et mettre en place des réalisations annexes indispensables, notamment en matière de dessalement d’eau et d’approvisionnement en énergie électrique durable. Le calendrier annoncé (études de faisabilité achevées d’ici fin 2027, avant une phase de production à grande échelle) témoigne d’une approche prudente et méthodique. La question du transport vers l’Europe constitue un nœud stratégique majeur : la solution consistant à mélanger l’hydrogène au gaz naturel dans les gazoducs existants apparaît pragmatique, mais les contraintes techniques rappelées par l’ENAC imposent une progressivité dans les ambitions, notamment au-delà de 20 % de concentration. Avec un coût de commercialisation estimé jusqu’à 30 % inférieur à celui de ses concurrents, l’Algérie dispose toutefois d’un argument de poids dans une compétition où se pressent déjà l’Espagne et d’autres nations.

Parallèlement à ces enjeux, la numérisation et l’intelligence artificielle s’imposent comme des leviers incontournables de la modernisation du secteur énergétique. Les débats du panel consacré aux opérations intelligentes ont mis en lumière les gains considérables qu’offrent ces technologies : réduction des coûts d’exploitation, minimisation des temps d’arrêt, amélioration de la sécurité et optimisation de la gestion. Mais ils ont aussi souligné, avec lucidité, les risques associés. La dépendance croissante aux solutions numériques expose les entreprises à des menaces de plus en plus sophistiquées, qu’il s’agisse de cyberattaques délibérées ou d’incidents accidentels, comme lorsqu’un employé clique sur un lien malveillant. La protection des données, la mise en place de barrières de sécurité et la résilience des systèmes deviennent dès lors aussi importantes que le développement des outils eux-mêmes.