Wassila. B

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a géré, jeudi, un remaniement ministériel, en vertu duquel il a nommé M. Mohamed Arkab, ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, M. Mourad Hanifi, ministre des Mines et des Industries minières et Mme Karima Tafer, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Mines et des Industries minières, a indiqué un communiqué de la Présidence. de la République.

Ce remaniement, bien que limité dans son périmètre, revêt une importance stratégique majeure pour l’économie nationale. En élevant M. Mohamed Arkab au rang de ministre d’État tout en maintenant son portefeuille des Hydrocarbures, le président Tebboune entend à la fois récompenser la gestion avisée des ressources énergétiques durant la crise gazière européenne et renforcer le poids politique de ce secteur vital. Mais la création d’un ministère dédié aux Mines et aux Industries minières, confié à M. Mourad Hanifi, secondé par Mme Karima Tafer, constitue le signal le plus fort. L’Algérie dispose d’un sous-sol exceptionnellement riche : fer de Gara Djebilet (estimé à plus de 3,5 milliards de tonnes), zinc et plomb de Tala Hamza (plus de 34 millions de tonnes), phosphate de Bled El Hadba (près de 2 milliards de tonnes), sans oublier l’or, le lithium et les terres rares. L’objectif affiché par le président est de faire des mines le deuxième pilier de l’économie nationale après les hydrocarbures, avec une ambition de création de 50 000 emplois directs à l’horizon 2030.

La nomination de M. Hanifi, un haut fonctionnaire expérimenté passé par plusieurs postes de responsabilité dans l’administration territoriale, répond à une nécessité opérationnelle : accélérer la mise en valeur des grands gisements qui traînent depuis des décennies. Le mégaprojet intégré du phosphate à Tébessa et Souk Ahras, en partenariat avec des groupes chinois, doit entrer dans sa phase active de réalisation avant la fin de l’année 2026. De même, l’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, dont les premières livraisons sont attendues pour 2027, exigera une coordination sans faille entre les ministères des Transports (pour le rail minier), de l’Énergie (pour l’alimentation des sites) et des Finances (pour les montages complexes). Quant à Mme Karima Tafer, sa nomination comme secrétaire d’État chargée des industries minières indique une volonté de ne pas se limiter à l’extraction brute : l’objectif est de développer sur place des unités de transformation (acier, engrais phosphatés, batteries lithium-ion) afin d’exporter de la valeur ajoutée, non plus seulement des minerais. Le président Tebboune a fixé un cap important : dans les cinq prochaines années, le secteur minier devra contribuer à hauteur de 10 % du PIB et réduire significativement la facture des importations de produits sidérurgiques et chimiques.