Meriem B 

Quatorze pays, des experts venus d’Europe, d’Amérique, d’Afrique et du monde arabe, et un demi-siècle d’expérience célébré : le premier congrès international sur les avancées et innovations en chirurgie vasculaire et endovasculaire, organisé à Oran, s’impose comme un rendez-vous scientifique majeur. Accueilli par l’Établissement hospitalo-universitaire 1er Novembre 1954, cet événement illustre la montée en puissance de la médecine algérienne et son ouverture croissante à la coopération internationale.

Placée sous le haut patronage du wali d’Oran, cette rencontre scientifique, organisée les 16 et 17 avril par le service de chirurgie vasculaire dirigé par le professeur Bouziane Leïla Ahlam, en collaboration avec l’Association algérienne de chirurgie vasculaire, s’inscrit dans la célébration des cinquante ans de cette spécialité à Oran, de 1976 à 2026.

Un carrefour scientifique aux dimensions internationales

Dès son ouverture, présidée par le directeur de la santé et de la population de la wilaya d’Oran, M. Abdallah Kaci, le congrès a donné le ton d’un événement de haut niveau, réunissant une large communauté médicale nationale et internationale. Selon les organisateurs, des experts issus de 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique ont pris part aux travaux, confirmant l’attractivité croissante de l’EHU d’Oran en tant que pôle d’excellence.

Les échanges ont porté sur des thématiques de pointe, traduisant les évolutions rapides de la discipline. Les participants ont ainsi exploré les dernières innovations en matière de techniques endovasculaires pour le traitement des maladies artérielles périphériques, les avancées dans la prise en charge des anévrismes et dissections de l’aorte, ainsi que les nouvelles approches dans la création et la gestion des accès vasculaires pour l’hémodialyse.

Les débats ont également intégré les protocoles récents relatifs à l’insuffisance veineuse chronique et aux maladies thromboemboliques, sans oublier la gestion des traumatismes vasculaires et l’apport des traitements médicamenteux innovants. Conférences, ateliers pratiques, communications libres et sessions dédiées aux médecins résidents et aux équipes paramédicales ont rythmé ce rendez-vous scientifique, enrichi par une session consacrée à la place des femmes dans le domaine médical.

Une expertise nationale consolidée par l’innovation

Au-delà de son envergure internationale, le congrès a mis en lumière les performances du service de chirurgie vasculaire de l’EHU d’Oran. Son directeur général, M. Rabah Bar, a souligné que plus de 950 interventions chirurgicales y sont réalisées chaque année, dont certaines particulièrement complexes, permettant aujourd’hui de limiter significativement les évacuations sanitaires à l’étranger.

Pour le professeur Bouziane Leïla Ahlam, ce congrès dépasse le simple cadre scientifique. Il constitue, selon elle, « un espace de partage des connaissances et des expériences, mais aussi une passerelle entre les compétences nationales et internationales ». Elle a insisté sur la volonté d’inscrire durablement Oran dans les réseaux de coopération médicale, en favorisant les échanges avec des spécialistes venus de 14 pays.

La cheffe de service a également mis en avant la portée symbolique de cette rencontre, qui coïncide avec la célébration du cinquantenaire de la chirurgie vasculaire à Oran. Elle a souligné qu’il s’agit d’un moment fort pour rendre hommage aux pionniers de cette spécialité, à leur tête le professeur Hadjiyat, qui a marqué les débuts de la discipline en 1976, tout en valorisant un parcours fondé sur la formation, la transmission du savoir et la continuité académique.

Évoquant également la dimension symbolique du calendrier, le professeur Bouziane a rappelé que cet événement s’inscrit dans le cadre de la Journée du Savoir, une date hautement significative qui consacre la place de la connaissance, de la recherche et de la transmission dans le développement du système de santé. Elle a estimé que cette coïncidence renforce la portée scientifique et pédagogique du congrès, en rappelant que la médecine reste indissociable du savoir et de son évolution continue.

Elle a par ailleurs insisté sur les enjeux médicaux actuels, notamment les complications liées au diabète et aux maladies vasculaires, appelant à renforcer la formation continue et à promouvoir l’innovation thérapeutique. Elle a enfin mis en exergue la nécessité de consolider les ponts entre les équipes algériennes et leurs homologues étrangères afin d’améliorer la prise en charge des patients et d’accompagner l’évolution des pratiques médicales.

De son côté, le professeur Belbena Bachir a souligné les progrès significatifs apportés par la chirurgie mini-invasive, qui réduit à la fois la durée des interventions et le temps de récupération des patients, désormais limité à quelques jours.

À travers cette rencontre, l’EHU d’Oran confirme son rôle de plateforme scientifique de premier plan, conjuguant expertise, innovation et ouverture, au service d’une médecine moderne et performante.