I. Yacine
À l’occasion du mois de novembre consacré à la sensibilisation au cancer du poumon, une journée régionale de formation a rassemblé samedi un large panel de spécialistes dans la salle des conférences de la bibliothèque centrale de l’Université de Mascara. L’événement a été organisé par l’association Amel du CPMC, présidée par Hamida Kettab, en partenariat avec le ministère de la Santé. La présidente de l’association rappelle que le cancer du poumon connaît une progression préoccupante en Algérie. Les dernières données évoquent plus de 4000 nouveaux cas recensés chaque année. Cette maladie demeure la principale cause de mortalité par cancer chez l’homme et se place parmi les premières préoccupations de santé publique aux côtés des cancers de la prostate et du côlon-rectum. Les médecins soulignent que le diagnostic intervient bien souvent à un stade tardif, ce qui réduit considérablement les chances d’un traitement efficace. Le renforcement de la formation médicale et la diffusion de recommandations actualisées apparaissent dès lors essentiels pour améliorer la prise en charge à l’échelle nationale. Les avancées thérapeutiques offrent néanmoins de nouvelles possibilités. L’immunothérapie et les thérapies ciblées montrent des résultats encourageants lorsque la maladie est identifiée suffisamment tôt. Le dépistage par scanner à faible dose, de plus en plus discuté dans plusieurs pays, figure également parmi les pistes jugées prometteuses. La journée a été marquée par la diversité des interventions. Docteure Ajroud, maître assistante en radiologie au CHU Mustapha, a ouvert les travaux en s’intéressant à des questions étroitement liées à l’imagerie thoracique, notamment l’amélioration du diagnostic précoce et l’optimisation des parcours de dépistage. Le docteur Ghodbane a ensuite présenté les dernières avancées en imagerie thoracique en insistant sur l’apport croissant du PET Scan et l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’analyse des images. Le professeur Laouer, chef du service de pneumologie à l’hôpital Mustapha, a pour sa part évoqué les troubles respiratoires observés dans le contexte tumoral. D’autres spécialistes ont enrichi les échanges, parmi lesquels le docteur Belekbane, le professeur Meskouri, le docteur Isnassi, le professeur Braïkia et le docteur Amira. Leurs interventions ont porté sur l’anatomopathologie, la biologie moléculaire, les approches thérapeutiques les plus récentes ainsi que la gestion des effets secondaires liés aux traitements innovants. La présidente de l’association attire également l’attention sur la hausse préoccupante du cancer du poumon chez la femme. Les formes pulmonaires primitives deviennent plus fréquentes, un phénomène lié en grande partie à l’augmentation du tabagisme, notamment la consommation de chicha. Les spécialistes rappellent qu’environ quatre cancers du poumon sur cinq sont associés au tabac sous toutes ses formes et qu’une séance de chicha équivaut à la consommation d’une dizaine de cigarettes. L’année reste par ailleurs marquée par une incidence élevée du cancer de la prostate chez l’homme et du cancer du sein chez la femme, suivis du cancer du côlon-rectum. Les médecins insistent sur la nécessité de parcours de soins mieux structurés, car le temps demeure un facteur décisif. Selon eux, un tiers des patients arrivent à un stade où les options thérapeutiques deviennent limitées alors que les premiers examens reposent sur des outils courants comme la radiographie ou le scanner. Les registres du cancer implantés dans chaque wilaya offrent une vision utile de la progression des cas. Les spécialistes estiment cependant que certains groupes professionnels exposés à des risques particuliers, notamment les travailleurs des cimenteries ou les habitants vivant à proximité, nécessitent des programmes de dépistage ciblés et des études épidémiologiques approfondies. En parallèle de cette journée scientifique, l’association Amel a mené une vaste campagne de dépistage du cancer du sein à Mascara. Trois cents femmes ont été examinées en une semaine grâce aux consultations cliniques, aux mammographies et aux échographies. Quatre cas confirmés ont été enregistrés et neuf biopsies réalisées en raison de situations jugées suspectes. Cette action, souligne la présidente de l’association, illustre une prise de conscience croissante chez les femmes de Mascara. La grande majorité des résultats se sont révélés rassurants, près de 98 % des examens étant normaux.




















