Djamila M
Faire de l’université un acteur de terrain, capable de transformer la recherche en solutions concrètes au service du développement économique. C’est l’ambition affichée par l’université d’été SPARK, dont les travaux se poursuivent à Oran autour d’un objectif central : concevoir des projets innovants répondant aux besoins réels des territoires, avec une attention particulière portée au secteur du tourisme, considéré comme un puissant levier de diversification économique.
Réunissant enseignants-chercheurs, experts internationaux, représentants d’institutions publiques, opérateurs économiques, professionnels et acteurs de la société civile, cette rencontre privilégie une démarche collaborative où les idées prennent forme à partir des réalités du terrain plutôt qu’à partir de considérations purement académiques.
Au fil des ateliers, les participants franchissent de nouvelles étapes dans la structuration de projets appelés à être concrétisés. Après l’identification des besoins prioritaires et la définition des objectifs, les groupes de travail s’attellent désormais à élaborer des plans d’action cohérents, articulant activités, résultats attendus et impacts à long terme.
Cette méthodologie, fondée sur une analyse approfondie des problématiques locales, vise à garantir la pertinence des projets et leur capacité à produire des effets durables sur le développement des territoires. Des indicateurs d’évaluation sont également intégrés dès la phase de conception afin de mesurer, à terme, les retombées économiques et sociales des initiatives proposées.
Intervenant à cette occasion, Samira Khamkham, experte européenne en internationalisation de l’enseignement supérieur, responsable de l’axe « Gouvernance » du projet Ibtikar et vice-présidente de l’Université de Strasbourg chargée de l’insertion professionnelle des étudiants, a souligné que cette approche repose avant tout sur une gouvernance participative associant, dès les premières étapes, l’ensemble des parties prenantes concernées.
Selon elle, la réussite des projets dépend de leur adéquation avec les besoins exprimés par les acteurs du terrain, mais aussi de la qualité du partenariat noué entre universités, institutions publiques, entreprises, collectivités locales et structures d’accompagnement de l’entrepreneuriat.
Le tourisme comme laboratoire d’innovation
Le choix du tourisme n’est pas fortuit. Doté d’un potentiel encore largement sous-exploité en Algérie, ce secteur apparaît aujourd’hui comme un domaine privilégié pour expérimenter de nouvelles formes de coopération entre le monde universitaire et le tissu socio-économique.
Les projets développés dans le cadre de SPARK portent ainsi sur plusieurs axes stratégiques, notamment le tourisme durable, la valorisation du patrimoine, l’entrepreneuriat, la transformation numérique et le recours aux nouvelles technologies.
L’intelligence artificielle figure d’ailleurs parmi les thématiques les plus explorées. Les participants y voient un outil susceptible d’améliorer l’expérience des visiteurs, d’optimiser la promotion des destinations, d’affiner l’analyse des attentes des touristes, mais également de favoriser l’émergence de nouveaux services et de modèles économiques innovants.
Dans un contexte de concurrence croissante entre les destinations touristiques, l’intégration des technologies numériques apparaît désormais comme un facteur déterminant pour renforcer l’attractivité des territoires et améliorer la qualité de l’offre touristique.
Une coopération élargie au service du développement
Au-delà de la dimension scientifique, l’université d’été entend promouvoir une nouvelle culture du partenariat. Les organisateurs insistent sur la nécessité d’associer étroitement les opérateurs économiques, les collectivités territoriales, les associations et les structures d’appui aux porteurs de projets afin de transformer les idées élaborées en ateliers en réalisations concrètes.
Pour Samira Khamkham, l’objectif est précisément d’éviter que les travaux engagés demeurent confinés au seul cadre universitaire. Les projets développés dans le cadre de SPARK ont vocation à apporter des réponses opérationnelles aux défis du développement territorial, tout en favorisant la création d’activités économiques et d’emplois.
À travers cette initiative, l’université affirme ainsi sa volonté de renforcer son ancrage dans son environnement économique et social. En faisant du tourisme un terrain privilégié d’expérimentation, SPARK esquisse les contours d’un nouveau modèle de coopération où recherche, innovation, entrepreneuriat et développement local convergent au service d’une croissance plus durable et davantage créatrice de valeur pour les territoires.




