Fatima B
La crise migratoire entre le Maroc et l’Espagne continue de s’aggraver. Au moins 72 migrants marocains ont trouvé la mort en tentant de rejoindre illégalement l’enclave espagnole de Ceuta, selon le dernier bilan communiqué dimanche par les autorités espagnoles. Cette catastrophe survient après l’arrivée massive d’environ 60.000 migrants en seulement deux jours, une situation qui a ravivé les tensions entre Rabat et Madrid.
Le délégué du gouvernement espagnol à Ceuta, Miguel Angel Perez Triano, a confirmé le nouveau bilan, tandis que Madrid affirme avoir déjà reconduit vers le Maroc la quasi-totalité des personnes ayant franchi illégalement la frontière.
L’afflux ne s’est pas limité à Ceuta. Des tentatives similaires ont également été enregistrées à Melilla, poussant les autorités espagnoles à renforcer les dispositifs de sécurité et les contrôles aux frontières des deux enclaves.
Au-delà du drame humain, cette crise suscite de nombreuses interrogations sur son contexte politique. Dans une déclaration à l’APS, l’expert Abdelkader Slimani estime que le régime marocain utilise la question migratoire comme un levier de pression sur l’Espagne. Selon lui, plusieurs images diffusées par des médias internationaux ainsi que des témoignages de migrants laissent apparaître une implication des forces de sécurité marocaines dans le passage massif des candidats à l’émigration vers Ceuta et Melilla.
L’expert considère que cette situation reflète également la détérioration des conditions socio-économiques au Maroc, marquées par la montée du chômage, l’inflation, la baisse du pouvoir d’achat et un climat social tendu. Ces facteurs, explique-t-il, poussent de nombreux Marocains à risquer leur vie pour tenter de rejoindre l’Europe.
Pour Abdelkader Slimani, les événements de Ceuta illustrent à la fois une crise humanitaire majeure et une instrumentalisation de la migration clandestine dans les rapports entre Rabat et Madrid, alors que l’Espagne poursuit le renforcement de ses mesures de contrôle face à la poursuite des tentatives de franchissement vers Ceuta et Melilla.




