B.H
Dans la wilaya de Tissemsilt, une vaste campagne de vaccination contre la clavelée ovine est actuellement menée sur l’ensemble du territoire. Avec 15.539 têtes déjà protégées et une prolongation de l’opération jusqu’à fin septembre, les autorités agricoles entendent préserver un cheptel essentiel à l’économie rurale.
C’est une véritable mobilisation qui est en cours à Tissemsilt depuis le début du mois de mai dernier. Sur les routes des 22 communes de ce territoire rural, des équipes de vétérinaires privés sillonnent les campagnes pour vacciner les troupeaux contre la clavelée, une maladie virale qui peut décimer un cheptel en quelques jours. Selon le bilan communiqué ce mercredi par la Direction des Services agricoles (DSA), pas moins de 15.539 moutons ont déjà été vaccinés. Pour mener à bien cette campagne, le ministère de l’Agriculture a mis à disposition 200.000 doses de vaccin. Sur le terrain, 29 vétérinaires privés, conventionnés dans le cadre du mandat sanitaire, ont été mobilisés pour atteindre les éleveurs, y compris dans les zones les plus reculées. Ce dispositif a permis, à ce jour, de toucher 1.386 éleveurs répartis sur l’ensemble des communes de la wilaya. « C’est une opération d’envergure qui nécessite une coordination sans faille », explique Brahim Bournane, inspecteur vétérinaire à la DSA. « Nous sommes déterminés à ne laisser aucun animal sans protection. » Initialement prévue pour s’achever fin août, la campagne a été prolongée jusqu’à fin septembre sur instruction du ministère. Une décision saluée par les professionnels, qui permet de toucher les éleveurs les plus isolés ou ceux qui n’ont pas encore pu faire vacciner leurs troupeaux.
La clavelée, maladie spécifique aux ovins, peut entraîner la mort de 50 à 80 % des animaux infectés. Les pertes économiques sont considérables, menaçant directement la survie de nombreuses familles dont l’élevage constitue l’unique source de revenus. « J’ai perdu plus de la moitié de mes bêtes il y a trois ans, témoigne Mokhtar, éleveur à Bordj Bou Naama. Aujourd’hui, je ne prends plus aucun risque. » Au-delà de l’aspect sanitaire, cette campagne revêt une importance capitale pour l’économie locale. L’élevage ovin est en effet un pilier de l’économie rurale à Tissemsilt, générant des emplois et contribuant à l’approvisionnement du marché en viande rouge. En protégeant le cheptel, les autorités préservent des emplois, des savoir-faire et la pérennité d’un territoire qui dépend étroitement de cette activité.
L’inspecteur vétérinaire appelle les éleveurs à respecter scrupuleusement les mesures de biosécurité : désinfection des enclos, isolement des nouveaux arrivants, et signalement immédiat de tout symptôme suspect. « La vaccination est un rempart, mais elle ne dispense pas d’une surveillance quotidienne », rappelle-t-il. Avec cette campagne prolongée, Tissemsilt se dote d’un rempart sanitaire solide pour protéger son cheptel et assurer la pérennité de son économie pastorale.




