R. N
Une forte mobilisation est en cours au port phosphatier de Annaba pour achever l’extension de cette infrastructure stratégique. Dans une visite nocturne inopinée, soit la nuit de lundi à mardi, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, s’est rendu sur le chantier d’extension du port phosphatier de Annaba, l’un des projets structurants du programme national des grandes infrastructures. Accompagné du wali de Annaba, Abdelkrim Laâmouri, le ministre a choisi un créneau tardif pour prendre la mesure, sur le terrain, du rythme réel des travaux et de la mobilisation des équipes engagées sur ce site considéré comme stratégique pour le développement de la filière phosphate en Algérie.
Cette inspection menée de nuit intervient sur un projet inscrit au cœur du schéma intégré du phosphate, suivi de près par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui en fait un levier majeur de valorisation des ressources minières algériennes et de diversification des exportations hors hydrocarbures. Le port phosphatier de Annaba devra, une fois son extension achevée, jouer un rôle de plateforme spécialisée pour le trafic des minerais et des produits dérivés, en lien avec les gisements et les complexes de transformation prévus dans l’Est d’Algérie.
En se déplaçant sur le chantier en pleine nuit, le ministre a voulu vérifier que la cadence imposée à ce projet est effectivement respectée au quotidien, y compris en dehors des heures ouvrables. Sur place, les responsables du projet lui ont présenté un état d’avancement détaillé, tandis que la délégation effectuait plusieurs arrêts dans les différentes zones du chantier. Sous l’éclairage des projecteurs, les travaux se poursuivaient à un rythme soutenu, confirmant le choix d’une organisation reposant sur des interventions en continu, de jour comme de nuit, afin de tenir les délais contractuels.
Le nouveau quai minier, pièce maîtresse de l’extension, concentre l’essentiel des moyens techniques et humains mobilisés sur le site, avec une succession d’opérations lourdes qui doivent s’enchaîner sans rupture. Montée en puissance du chantier Lors de cette visite, le ministre s’est particulièrement attardé sur l’opération de battage des pieux, qui constitue la base de la structure portante du quai.
Montée en puissance
À ce stade, 656 pieux ont déjà été installés sur un total de 1.332, soit près de la moitié de l’objectif, ce qui traduit une avancée notable dans la mise en place des fondations. Chaque pieu est mis en œuvre selon un processus précis, nécessitant des moyens mécaniques importants et une coordination étroite entre les équipes de conduite et de contrôle. L’atteinte de ce niveau de réalisation a été présentée comme un indicateur de la montée en puissance du chantier, après les phases préparatoires et la mise en place des installations. Dans le prolongement des travaux de fondation, le ministre a également suivi les opérations de réalisation de l’enrochement le long du mur du quai, destiné à assurer la protection et la stabilité de l’ouvrage face aux contraintes marines.
Ce dispositif constitue un élément essentiel de la défense du nouveau quai contre l’érosion et les mouvements de la houle. Dans cette zone, les engins continuaient de déposer et d’ajuster les blocs rocheux, selon un plan de pose déterminé à l’avance, afin de garantir l’homogénéité de l’ouvrage et la stabilité des structures dans le temps. Parallèlement, les opérations de dragage du sable marin se poursuivent à l’aide d’un navire spécialisé, qui extrait les matériaux au large avant de les acheminer, via des conduites flottantes, vers la zone de remblai située derrière le quai. Le sable dragué sert à constituer l’assise de la future plateforme portuaire, sur laquelle seront ensuite implantés les infrastructures de surface et les équipements de manutention.
Selon les données présentées au ministre, cette opération est menée en continu, 24 heures sur 24, avec un volume moyen de 30.000 mètres cubes de sable traité chaque jour. Ce rythme soutenu doit permettre de disposer, dans des délais serrés, d’un terrain remblayé et stabilisé, condition indispensable au démarrage complet des travaux de superstructure. Présence permanente des équipes de contrôle Le ministre a également inspecté les chantiers consacrés à la fabrication et à la mise en place des poutres en béton armé, qui formeront l’ossature principale du futur quai.
Visite inopinée du ministre
Sur ce volet, les équipes techniques ont détaillé les différentes étapes de production, de contrôle de la qualité des matériaux et de montage sur site. Les préparatifs pour la fabrication des dalles préfabriquées en béton armé sont également en cours. Ces éléments doivent servir à la réalisation de la partie supérieure de l’infrastructure portuaire. La superstructure du quai doit, à terme, accueillir les équipements miniers, les installations de chargement et de déchargement ainsi que les systèmes de manutention adaptés au trafic phosphatier, ce qui impose des exigences particulières en matière de résistance et de durabilité. Tout au long de la visite, Djellaoui a interrogé les responsables du chantier sur les moyens mobilisés, les plans de travail et les mesures prises pour éviter les retards. Il a souligné, devant les représentants des entreprises et les cadres locaux, que ce projet ne peut souffrir d’approximation, en raison de son importance économique et de la place qu’il occupe dans la stratégie nationale de valorisation des ressources minières.
Le ministre a insisté sur la nécessité de maintenir, voire de renforcer, le dispositif de suivi sur le terrain, avec une présence permanente des équipes de contrôle et une remontée régulière des informations sur l’état d’avancement des différentes phases. À l’issue de la visite, il a appelé les entreprises de réalisation et l’ensemble des intervenants à consolider la coordination entre les différents corps de métier, afin d’éviter les ruptures dans la chaîne des travaux et d’accélérer davantage la cadence globale du chantier. Djellaoui a réitéré sa demande de poursuivre systématiquement le travail nocturne, au même niveau d’intensité que celui observé pendant la visite, afin de garantir le respect des échéances fixées dans le calendrier d’exécution.




