Habib Benaouda 

Le transport urbain et suburbain dans la wilaya d’Oran revient au cœur des préoccupations des citoyens, alors que plusieurs dysfonctionnements continuent d’affecter certains itinéraires, notamment dans les zones périphériques et suburbaines. Dans ces secteurs, les habitants peinent toujours à disposer d’une desserte régulière vers la ville d’Oran et les différents pôles d’activité.

Dans ce contexte, les appels à la réactivation des commissions communales des transports se multiplient. Considérées comme les structures les plus proches du terrain, celles-ci seraient à même d’identifier les insuffisances propres à chaque territoire et de proposer des solutions adaptées aux réalités locales. Selon les témoignages recueillis auprès des habitants, les difficultés ne tiennent pas uniquement au nombre de bus disponibles, mais également à leur répartition, aux itinéraires desservis, aux horaires d’exploitation et à leur adéquation avec la densité de la population.

Des dysfonctionnements particulièrement visibles

La situation est plus manifeste dans des zones telles que Cap Falcon et Bousfer, où les usagers déplorent des temps d’attente parfois longs, notamment aux heures de pointe. Une situation qui contraint travailleurs et étudiants à chercher d’autres alternatives, voire à emprunter plusieurs moyens de transport pour rejoindre leurs lieux de travail ou d’études.

À l’inverse, certaines lignes sont confrontées à une pression croissante en raison de l’augmentation de la demande. Aux heures de forte affluence, les capacités des bus ne suffisent plus à absorber le nombre de voyageurs, accentuant ainsi les difficultés de déplacement.

À ces contraintes s’ajoutent les pannes récurrentes qui entraînent la mise hors service de plusieurs véhicules. Les opérations de maintenance ainsi que les problèmes liés à l’approvisionnement en carburant peuvent également perturber la continuité du service et se répercuter directement sur les usagers.

Les changements opérés sur certains itinéraires ou points d’arrêt, lorsqu’ils ne sont pas précédés d’une évaluation précise des besoins, sont eux aussi pointés du doigt. Selon les habitants, de telles modifications peuvent parfois compliquer les déplacements au lieu de les fluidifier.

Réévaluer les besoins au plus près du terrain

Pour les citoyens, la réactivation des commissions communales des transports pourrait constituer une première réponse concrète à ces dysfonctionnements. Leur mission consisterait notamment à établir un état précis des parcs de véhicules, à réévaluer la situation de chaque ligne et à identifier les secteurs confrontés à un déficit de desserte.

Cette démarche permettrait également de recenser les points noirs et d’envisager une redistribution des bus en fonction de la densité démographique, des zones d’activité et des flux quotidiens de voyageurs.

Le contrôle des transporteurs demeure, parallèlement, un élément déterminant pour garantir la régularité du service. Le respect des itinéraires, des horaires d’exploitation et des conditions de transport des passagers nécessite un suivi plus étroit. La mise en place d’un mécanisme d’intervention rapide à l’échelle locale permettrait, par ailleurs, de traiter les dysfonctionnements dès leur apparition, plutôt que d’attendre qu’ils se transforment en problèmes récurrents.

Le tramway appelé à prendre le relais

À plus long terme, les projets d’extension du réseau du tramway d’Oran devraient contribuer à réduire la pression exercée sur les autres modes de transport. L’objectif est notamment de raccorder de nouvelles zones au réseau existant, à l’image de l’université de Belgaïd, de l’aéroport d’Es-senia et du pôle urbain de Misserghine.

Mais si ces grands projets nécessitent des délais de réalisation, certaines mesures peuvent être prises à court terme. Une meilleure organisation du réseau de transport collectif, fondée sur une connaissance plus fine des besoins locaux, pourrait apporter des améliorations rapides aux conditions de déplacement.

Dans cette perspective, la réactivation des commissions communales des transports apparaît comme un levier susceptible de contribuer à rééquilibrer la desserte, à orienter les moyens disponibles vers les secteurs les plus déficitaires et à améliorer la régularité du service. Une réponse de proximité qui pourrait, à terme, alléger une partie du poids des déplacements quotidiens qui pèsent sur les habitants d’Oran.