Habib Benaouda
La forte poussée démographique et l’extension continue du tissu urbain à Oran mettent à rude épreuve les infrastructures postales et de télécommunications. Dans plusieurs nouveaux pôles d’habitat comme dans certaines zones périphériques, les habitants réclament un renforcement des équipements, une meilleure couverture téléphonique et un accès plus rapide à Internet. Un enjeu qui dépasse désormais le simple confort pour toucher directement aux conditions de vie et à l’accès aux services essentiels.
La demande porte notamment sur l’installation de nouveaux distributeurs automatiques de billets (DAB), devenus indispensables dans les quartiers ayant accueilli des milliers de logements et de nouvelles populations. Leur multiplication permettrait de rapprocher les prestations financières des citoyens, tout en décongestionnant les bureaux de poste, particulièrement sollicités lors des périodes de versement des salaires, pensions et différentes allocations.
Si la wilaya d’Oran bénéficie régulièrement de nouveaux quotas de distributeurs, l’évolution rapide de la population et l’apparition de nouveaux ensembles résidentiels maintiennent une forte pression sur les infrastructures existantes. Dans plusieurs pôles urbains récemment développés, l’offre demeure ainsi en décalage avec les besoins d’une population appelée à s’accroître davantage.
Des réseaux télécoms qui peinent à suivre l’urbanisation
Au-delà des services postaux, c’est surtout la question de la couverture téléphonique et de l’accès à Internet qui revient dans les doléances des habitants. Dans certaines zones périphériques et enclavées, la faiblesse du signal rend encore difficiles les communications et l’accès au réseau. Une situation d’autant plus pénalisante que la connexion est devenue indispensable à de nombreuses démarches administratives, professionnelles, éducatives et commerciales.
Le problème se pose également dans certains nouveaux quartiers livrés avant l’achèvement de leurs réseaux de télécommunications. Des familles se retrouvent ainsi dans l’attente du raccordement à la téléphonie fixe et à Internet, parfois plusieurs mois après leur installation.
Cette situation pose, en filigrane, la question de l’anticipation des infrastructures. La réalisation des réseaux de télécommunications parallèlement aux travaux d’aménagement extérieur permettrait d’éviter les interventions ultérieures sur les chaussées et les trottoirs. Au-delà des désagréments pour les riverains, ces reprises génèrent des coûts supplémentaires et retardent davantage la mise en service des réseaux.
La problématique s’inscrit dans un contexte national marqué par la volonté des pouvoirs publics de résorber les zones insuffisamment couvertes. En mai 2026, le ministère de la Poste et des Télécommunications avait annoncé que le programme national destiné à assurer la couverture de 1 400 zones à travers le pays approchait de son terme. Un nouveau programme devait également être préparé pour les localités restant encore à l’écart de la couverture.
À Oran, plusieurs opérations de déploiement de la fibre optique ont déjà permis de raccorder des quartiers et des pôles résidentiels nouvellement créés. Mais la persistance des réclamations traduit les difficultés à faire coïncider le rythme des investissements avec celui, particulièrement soutenu, de l’urbanisation.
Le spectre récurrent du vol de câbles
À cette insuffisance de couverture vient s’ajouter un autre facteur perturbateur : le vol des câbles téléphoniques. Dans certaines zones, ces actes provoquent des coupures de la téléphonie et d’Internet, pénalisant aussi bien les particuliers que les administrations et les opérateurs économiques dont l’activité dépend de plus en plus de la connectivité.
Les habitants des secteurs affectés demandent, à ce titre, une intervention plus rapide des services techniques en cas de panne, mais également un renforcement des opérations de maintenance et de sécurisation des réseaux. La lutte contre le vol des câbles demeure, de leur point de vue, un préalable pour éviter que des interruptions récurrentes ne viennent aggraver les déficits déjà constatés.
Pour la wilaya d’Oran, le défi consiste désormais à faire évoluer les infrastructures postales et télécoms au même rythme que les nouveaux territoires urbains. L’installation de distributeurs supplémentaires, l’extension de la fibre optique et l’amélioration de la couverture téléphonique apparaissent comme autant de conditions nécessaires à une meilleure intégration des nouveaux quartiers.
Car dans une agglomération en pleine expansion, l’accès au téléphone, à Internet et aux services financiers ne relève plus d’un simple équipement de confort. Il participe pleinement à l’égalité d’accès aux services publics et privés. Dans les zones périphériques comme dans les nouveaux ensembles résidentiels, les habitants attendent désormais que les infrastructures suivent la cadence de l’urbanisation.




