Les instances nationales et les experts juridiques ont salué la décision du président Abdelmadjid Tebboune de modifier le Code pénal afin d’y inclure la peine de mort pour les ravisseurs et agresseurs d’enfants. Ils y voient une étape décisive pour renforcer la dissuasion et lutter efficacement contre ce type de criminalité.
Dans une déclaration à l’APS, la Commissaire nationale à la protection de l’enfance, Mme Meriem Cherfi, a considéré la directive présidentielle modifiant le Code pénal pour y inclure la peine de mort pour les ravisseurs et agresseurs d’enfants comme une manifestation du « grand souci que le président de la République porte à la protection des enfants et à la sauvegarde de leur sécurité et de leur bien-être ».
Cette décision reflète également « l’engagement de l’État algérien à lutter fermement contre les crimes visant les enfants, en particulier ceux liés à l’enlèvement et aux graves agressions et violations des droits de l’enfant qui en résultent ».
À cet égard, Mme Cherfi a déclaré que le renforcement des peines pour ce type de crime envoie « un message fort : la protection de l’enfance est une responsabilité nationale et une priorité absolue », ajoutant que cette mesure « renforcera les efforts de l’État pour offrir un environnement sûr qui garantisse aux enfants leur droit à la protection, à leur développement et à la sécurité ».
Pour sa part, le directeur de l’Agence nationale de promotion de la santé et de la recherche pour le développement, Moustapha Khiati, a souligné que les cas d’agressions sur mineurs récemment recensés « ont ébranlé les fondements de la société algérienne et suscité l’indignation de la population, qui réclame depuis longtemps la peine de mort pour les auteurs de ces actes criminels ».
À la lumière de ces éléments, M. Khiati a qualifié d’« initiative louable » l’initiative du Président visant à élargir le champ d’application de la peine de mort, afin d’y inclure non seulement les incendiaires et les auteurs d’incendies volontaires, mais aussi les ravisseurs et les agresseurs de mineurs. Il y voit « une véritable réponse à une demande populaire, permettant ainsi aux coupables de recevoir la peine qu’ils méritent après avoir été déshumanisés ».
Pour sa part, le professeur de droit Moussa Boudehane a souligné la volonté du Président d’orienter l’action législative vers le renforcement de la protection des mineurs.
M. Boudehane a insisté sur le fait que l’application de cette peine aux personnes impliquées dans l’enlèvement et la maltraitance de mineurs « ne porte pas atteinte aux libertés publiques ni aux droits de l’homme, car elle constitue une protection pour la société dans son ensemble et une garantie du respect des fondements de la justice ».
Kheira Ben Salem, professeure de sciences juridiques à l’université Djilali Bounaama de Khemis Miliana (Aïn Defla), estime que le durcissement des peines pour les auteurs de crimes aussi odieux « contribuera significativement à leur réduction ». Elle ajoute que les directives du Président concernant les crimes portant atteinte aux droits des mineurs sont « claires et décisives ».
Elle conclut que la réforme du code pénal ne se limite pas à l’acte criminel lui-même, mais s’étend à ses conséquences, soulignant que l’application de la peine de mort pour ces crimes « est proportionnée à la nature et à la gravité du crime commis, ainsi qu’à la menace qu’il représente pour la sécurité publique ».




