H. Nassira 

Près de 455 000 élèves ont rejoint cette année les bancs des établissements scolaires de la wilaya d’Oran, dont environ 250 000 dans le cycle primaire. Pour absorber cette importante population scolaire et accompagner la croissance démographique de plusieurs pôles urbains, le secteur de l’éducation a renforcé ses capacités d’accueil à travers la réception de huit nouveaux collèges, la création de 52 classes extensibles et la récupération de plusieurs annexes provisoirement affectées au cycle moyen. 

La  rentrée scolaire dans la wilaya d’Oran ne se résume pas à la hausse des effectifs. Elle traduit aussi l’effort engagé par le secteur de l’éducation pour adapter progressivement les capacités d’accueil à une population scolaire en constante progression.

Cette année, près de 455 000 élèves ont rejoint les établissements des trois cycles d’enseignement de la wilaya, dont quelque 250 000 dans le primaire. Face à cette importante masse d’élèves, particulièrement concentrée dans les zones urbaines en pleine expansion, plusieurs mesures ont été mises en œuvre afin de contenir la surcharge et d’améliorer les conditions d’accueil.

Le renforcement du réseau scolaire constitue l’un des principaux leviers mobilisés. Huit nouveaux collèges ont ainsi été réceptionnés, permettant notamment de libérer plusieurs annexes d’écoles primaires qui avaient été temporairement utilisées pour accueillir des élèves du cycle moyen. Ces établissements peuvent désormais retrouver leur vocation initiale et contribuer à renforcer les capacités du primaire.

52 classes extensibles pour absorber les nouveaux effectifs

À cette opération s’ajoute la réalisation de 52 classes extensibles dans le cycle moyen. Une capacité supplémentaire destinée à absorber une partie de la progression des effectifs et à réduire la pression exercée sur les établissements existants.

L’objectif des services de l’éducation est d’éviter autant que possible les classes dépassant 40 élèves, alors que certaines structures avaient connu, au cours des précédentes années, des effectifs pouvant atteindre près de 50 élèves par classe.

Cette année, la démarche repose donc autant sur la réception de nouvelles infrastructures que sur une meilleure utilisation des capacités déjà disponibles. La récupération des annexes scolaires et la réorganisation de la carte scolaire permettent notamment de répartir les élèves en fonction des capacités réelles de chaque établissement.

Cette stratégie intervient après une année scolaire au cours de laquelle la réception de seulement deux collèges avait laissé certaines structures sous forte pression. La mise en service de huit nouveaux établissements cette année marque ainsi un renforcement notable des capacités du cycle moyen.

Les zones à forte croissance au centre des efforts

La pression demeure particulièrement surveillée dans les secteurs de Belgaïd, Bouamama, Bir El Djir, Aïn El Beïda dans la commune d’Es-Senia, Oued Tlélat et Misserghine. Ces zones connaissent une importante dynamique urbaine, avec l’extension des quartiers résidentiels et l’arrivée de nouvelles populations, notamment dans le cadre des opérations de relogement.

Deux nouveaux collèges doivent notamment renforcer le dispositif dans des secteurs où les besoins scolaires sont appelés à progresser. Le premier est implanté au niveau du nouveau pôle résidentiel de Sidi El Bachir, à Bir El Djir, tandis que le second est situé au quartier des 1 000 logements à Benfreha, qui a accueilli des familles relogées notamment depuis le quartier Bel-Air.

Ces réalisations s’inscrivent dans un programme plus large portant sur une centaine d’infrastructures éducatives à travers la wilaya. La dynamique engagée vise à accompagner l’évolution démographique plutôt qu’à intervenir uniquement une fois la surcharge installée.

Ahmed Zabana : cinq nouvelles structures en perspective

Le pôle urbain Ahmed Zabana, à Misserghine, illustre cette politique d’anticipation. Avec 12 écoles primaires, six collèges et trois lycées déjà opérationnels, ce nouveau pôle résidentiel bénéficie d’un renforcement supplémentaire de son réseau éducatif.

Cinq nouvelles structures doivent y être ouvertes, dont deux lycées, afin de répondre à l’augmentation continue des effectifs et d’accompagner l’expansion urbaine de cette zone.

L’augmentation des capacités devrait également permettre de réduire progressivement le recours à la troisième vacation, encore appliquée dans trois établissements. L’objectif est de mettre fin à ce mode d’organisation au fur et à mesure de la mise en service des nouvelles infrastructures.

La carte scolaire fait, par ailleurs, l’objet d’un suivi particulier afin de répondre aux demandes de transfert et aux mouvements de population liés aux opérations de relogement. Une vigilance devenue nécessaire pour maintenir un équilibre entre les effectifs et les capacités disponibles dans chaque secteur.

Santé scolaire et prise en charge des élèves aux besoins spécifiques

Les efforts engagés ne concernent pas uniquement les capacités d’accueil. Le secteur accorde également une place importante à la santé scolaire et à l’inclusion.

Quelque 1 789 élèves aux besoins spécifiques doivent ainsi être accueillis dans 12 établissements spécialisés, en coordination avec les services de l’action sociale.

La santé scolaire constitue également le thème de la leçon inaugurale de cette rentrée. Les actions de sensibilisation se poursuivront durant une semaine autour de la prévention, de l’hygiène et des comportements favorables à la santé.

Deux nouvelles unités de dépistage et de suivi médical viennent renforcer ce dispositif dans les lycées de Tafraoui et de Sidi Benyebka. Elles assureront notamment le suivi sanitaire des élèves, la prévention des maladies transmissibles et l’orientation des cas nécessitant une prise en charge médicale.

Avec près d’un demi-million d’élèves scolarisés, Oran fait face à un défi de taille en matière de capacités d’accueil. Mais la réponse engagée par le secteur repose cette année sur un ensemble de mesures combinant nouvelles infrastructures, classes extensibles, récupération des annexes et réorganisation de la carte scolaire. Une démarche qui vise à absorber la progression des effectifs tout en améliorant progressivement les conditions de scolarisation dans les zones où la pression démographique est la plus forte.