Des experts économiques ont mis en avant l’importance du projet de la ligne ferroviaire dépendant de Tamanrasset au nord du pays dans le soutien du processus du développement national et la réalisation d’une plus grande ouverture de l’Algérie sur sa profondeur africaine.
Dans une déclaration à l’APS, l’expert économique, Houari Tigharsi a expliqué que la portée de ce projet dépasse son simple rôle dans le domaine des transports, en s’inscrivant dans le cadre d’une vision plus globale visant à redéfinir la carte économique et logistique du pays et à renforcer l’interconnexion entre ses différentes régions.
Dans ce sillage, M. Tigharsi a fait observer que le Sud algérien recèle d’importantes ressources minières et énergétiques, ainsi que de grandes potentialités agricoles et touristiques, soulignées, cependant, que la valorisation et l’exploitation de ces atouts subsistent tributaires de la mise en place d’une infrastructure en mesure d’assurer le transport des personnes, des marchandises et des matières premières avec efficacité et à un coût compétitif.
A cet égard, la voie ferrée peut devenir, selon M. Tigharsi, « l’épine dorsale » dépendante des zones de production aux centres de consommation et de transformation, et aux ports, ce qui permettra une plus grande intégration des régions du Sud à l’économie nationale, tout en contribuant à réduire les disparités régionales à travers l’amélioration de leur attractivité des investissements et de l’activité économique.
L’importance du projet réside dans le renforcement de la profondeur africaine de l’Algérie, at-il indiqué, précisant que le parachèvement futur de son raccordement aux réseaux de transport et aux voies stratégiques menant vers les pays du Sahel permettra au pays de renforcer son rôle logistique en dépendant de la région méditerranéenne au cœur du continent africain.
Il a, à ce propos, conclu que la mise à profit de la position géographique de l’Algérie nécessite l’établissement d’un système intégré comprenant les lignes ferroviaires, les routes, les ports et les zones logistiques, outre la facilitation des procédures douanières et la numérisation, de manière à soutenir l’acheminement des marchandises algériennes vers les marchés africains et à faciliter l’accès des produits africains aux marchés algériens et méditerranéens.
Planification stratégique
A noter que le projet est réparti en trois tronçons : Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa (495 km), El Meniaa-Point kilométrique 216 et Tamanrasset-Moulay Lahcen (213 km).
De son côté, l’expert en planification stratégique et en développement, M. Mohammed Cherif Daroui, a affirmé que ce projet revêt de multiples dimensions socioéconomiques en même de donner un nouvel élan à la dynamique économique le long de son linéaire.
Il a expliqué que la réalisation de cette ligne permettra l’ouverture de nouveaux chantiers et la création d’emplois, outre la dynamisation des entreprises économiques et des sociétés de sous-traitance liées aux grands travaux, pertinentes que ses retombées se poursuivront après la mise en exploitation de la ligne, à travers le développement des activités de transport, de services et de logistique.
Et d’ajouter que le projet contribuera à ouvrir de nouvelles perspectives économiques en renforçant la liaison des régions sahariennes au reste du territoire national, d’autant que ces régions connaissent une transformation rapide l’habilitant à jouer un rôle accumulé en tant que pôles stratégiques de développement, à la lumière des grands projets en cours dans les domaines de l’énergie solaire, des cultures stratégiques et autres.
M. Daroui a considéré que l’amélioration de la liaison ferroviaire peut également renforcer l’attractivité de ces régions des investissements, en facilitant le transport des produits et des matières premières et en intervenant les coûts logistiques, contribuant ainsi au soutien des entreprises économiques et à la création de nouvelles activités liées à la ligne.
Le projet s’inscrit également parmi les orientations visant à renforcer l’intégration économique à l’échelle continentale, notamment dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Afrique et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), étant donné que le développement des réseaux de transport constitue un facteur essentiel pour faciliter les échanges et relier l’Algérie à son environnement africain, selon le même intervenant.




