Habib Benaouda 

La campagne de récolte des olives se prépare à Oran sur fond d’inquiétudes chez les producteurs. Au-delà du manque de main-d’œuvre qualifiée, le recul des superficies oléicoles et les effets de la pollution dans certaines zones constituent désormais des préoccupations majeures pour la filière.

Les services agricoles de la wilaya ont arrêté un programme spécifique pour assurer le lancement de la campagne dans les différentes exploitations et mobilisé les moyens humains et matériels nécessaires. Quelque 284 agriculteurs activent actuellement dans la filière oléicole, qui bénéficie de mesures incitatives destinées à préserver et développer cette culture.

Plus de 100 000 quintaux d’olives devraient, par ailleurs, être destinés à la production d’huile d’olive au cours de cette campagne. Un volume qui confirme l’importance de cette activité dans le paysage agricole local.

Des superficies en recul

Mais derrière ces perspectives de production, la filière fait face à des difficultés qui suscitent l’inquiétude des exploitants. Des acteurs du secteur font état de pertes importantes enregistrées ces dernières années, avec la dégradation de plantations et le recul des superficies consacrées aux oliviers dans plusieurs zones de la wilaya.

La pollution figure parmi les principaux facteurs mis en cause par les exploitants concernés. Dans les secteurs proches des points de rejet d’eaux usées et des zones d’activité industrielle, certains producteurs affirment avoir constaté des dommages sur leurs plantations.

Les eaux polluées, susceptibles de contenir des substances nocives, mais également les fumées et les odeurs dégagées par certaines activités industrielles sont notamment pointées du doigt. Selon les exploitants, ces facteurs ont contribué à la détérioration d’arbres et à la dégradation de parties de superficies jusque-là productives.

Cette situation aurait également affecté le rendement de certaines terres, entraînant des pertes pour les propriétaires après la disparition d’arbres et la réduction des surfaces exploitables.

L’enjeu de la préservation

Face à ces préoccupations, la campagne de récolte intervient ainsi dans un contexte où la préservation du potentiel oléicole devient un enjeu central. Les exploitants plaident, à travers leurs témoignages, pour une meilleure protection des superficies productives face aux facteurs environnementaux, alors que l’urbanisation et l’activité industrielle continuent de progresser dans certaines zones.

Pour la filière, l’enjeu dépasse donc la seule réussite de la prochaine récolte : il s’agit également de préserver les oliveraies encore productives et de garantir la pérennité de cette activité agricole à Oran.