Habib Benaouda 

À l’approche de la saison hivernale, la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (SEOR) a intensifié ses interventions de terrain pour prévenir les risques liés aux fortes précipitations et aux éventuels engorgements des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.

Dans le cadre de ce dispositif préventif, 563 opérations de nettoyage ont été menées à travers plusieurs communes de la wilaya. Elles ont porté sur quelque 22 300 mètres de réseaux d’assainissement ainsi que sur 23 000 avaloirs et regards d’inspection. Ces interventions visent notamment à débarrasser les réseaux des dépôts de terre, de sable et de déchets accumulés, afin de préserver leur capacité d’évacuation en période de fortes pluies.

Sur le terrain, les équipes de la SEOR sont toutefois confrontées à plusieurs contraintes, notamment l’extension des chantiers de construction au sein du tissu urbain, particulièrement dans les grandes agglomérations telles qu’Oran et Bir El Djir. Les résidus issus des travaux, lorsqu’ils sont entraînés vers les réseaux, favorisent l’accumulation de sable, de terre et de ciment dans les canalisations et les avaloirs, réduisant ainsi leur capacité d’écoulement et augmentant les risques d’obstruction.

Les opérations de curage ont également permis de constater la présence de quantités importantes de déchets et de sédiments dans plusieurs avaloirs. Des interventions répétées de nettoyage et d’aspiration ont ainsi été nécessaires pour les remettre en état et garantir leur disponibilité à l’arrivée des eaux pluviales. L’enjeu est d’autant plus important que certains points de la wilaya connaissent régulièrement des inondations de chaussées lorsque les avaloirs sont obstrués ou ne parviennent pas à absorber les volumes d’eau.

À ces difficultés s’ajoute le phénomène de vol et de dégradation des couvercles des avaloirs. Certains ont été arrachés ou détériorés, transformant ces ouvrages en véritables dangers pour les piétons et les automobilistes. Dans certains quartiers, des dispositifs provisoires ont été installés pour signaler les avaloirs ouverts, tandis que des riverains ont eu recours à des plaques métalliques, voire à de la terre et du ciment, pour les couvrir et éviter notamment que des enfants n’y chutent.

Par ailleurs, des citoyens soulignent que les problèmes d’accumulation des eaux pluviales ne sont pas uniquement liés à l’état des réseaux d’assainissement. Ils évoquent également l’aménagement de certaines routes et trottoirs, notamment lorsque les dispositifs d’évacuation sont insuffisants ou que les caniveaux latéraux permettant d’orienter les eaux vers les réseaux font défaut. Lors de fortes précipitations, certaines chaussées se transforment ainsi en véritables points de stagnation.

Face à cette situation, les services des communes et la SEOR sont appelés à renforcer leurs interventions, notamment à l’aide de camions hydrocureurs et de moyens d’aspiration, pour évacuer les eaux accumulées dans les rues et les quartiers. Ces interventions d’urgence restent nécessaires dans l’attente du traitement des points noirs et d’une amélioration durable du dispositif d’évacuation des eaux pluviales.