ORAN — L’Afrique doit construire sa propre trajectoire énergétique, en fonction de ses besoins, de ses ressources et de ses priorités de développement. C’est le plaidoyer formulé par Farid Ghezali, secrétaire général de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO), à l’ouverture, aujourd’hui à Oran, de la 14e édition du NAPEC.
Devant un parterre de responsables, d’opérateurs énergétiques, d’investisseurs et d’experts, le responsable de l’APPO a estimé que la transition énergétique ne pouvait être dissociée des réalités économiques et sociales du continent. « L’Afrique ne peut pas simplement importer une trajectoire énergétique conçue pour des économies ayant des niveaux différents d’accès à l’énergie, d’infrastructures, de capitaux et d’industrialisation », a-t-il déclaré.
Pour Farid Ghezali, la priorité consiste d’abord à « ajouter » de l’énergie plutôt qu’à réduire les sources disponibles. Cela passe par l’élargissement de l’accès à l’électricité, le renforcement des réseaux, le développement des capacités de raffinage et de stockage, mais aussi par l’investissement dans les compétences, les technologies et l’industrie locale.
Le secrétaire général de l’APPO a, dans ce contexte, défendu un mix énergétique associant hydrocarbures et renouvelables. Le pétrole et le gaz, a-t-il rappelé, continueront à jouer un rôle stratégique dans plusieurs pays africains, tandis que le gaz naturel peut accompagner l’électrification et l’industrialisation. Parallèlement, les énergies renouvelables doivent connaître une accélération, compte tenu du potentiel considérable du continent.
Financer et transformer
L’autre enjeu majeur réside dans la capacité de l’Afrique à transformer ses ressources énergétiques en valeur ajoutée, emplois et capacités industrielles. « L’Afrique ne demande pas la charité. Elle présente des opportunités », a insisté Ghezali, appelant à des financements mieux adaptés aux réalités africaines.
Il a également mis en avant la nécessité de renforcer les chaînes de valeur locales et les capacités financières africaines, citant notamment la Banque africaine de l’énergie.
Sur le climat, l’APPO se dit favorable à la réduction du torchage, des émissions de méthane et à l’amélioration de l’efficacité énergétique. Mais, a prévenu Farid Ghezali, la décarbonation ne pourra être durable si elle laisse des millions d’Africains en dehors de l’accès à l’énergie.
Depuis Oran, son appel est clair : passer « des ressources à la valeur » et « du potentiel à la prospérité », en faisant de la coopération internationale un levier de transfert de technologies, de compétences et de création de valeur sur le continent.




