Meriem B
Présente pour la première fois en tant que bloc au NAPEC d’Oran, l’Union européenne veut donner une nouvelle dimension à son partenariat énergétique avec l’Algérie. Si le gaz demeure au cœur de cette relation, Bruxelles entend désormais l’étendre aux énergies renouvelables et à l’hydrogène vert, en s’appuyant notamment sur les infrastructures existantes.
L’Union européenne affiche désormais ouvertement son ambition de consolider et d’élargir son partenariat énergétique avec l’Algérie. Présent pour la première fois avec un stand en tant qu’Union au Salon et Conférence nord-africains de l’énergie et de l’hydrogène (NAPEC), qui se tient à Oran, l’ambassadeur de l’UE en Algérie, Diego Mellado Pascua, a souligné auprès de CapDz la portée de cette présence.
« Nous sommes ici pour envoyer un message très clair, fort et direct sur l’importance du partenariat énergétique avec l’Algérie », a-t-il déclaré, mettant en avant la fiabilité et la crédibilité de l’Algérie comme partenaire énergétique de l’Europe.
Le gaz, socle d’une relation éprouvée
Pour le diplomate européen, la coopération énergétique entre les deux parties dispose d’un acquis particulièrement solide. Le gaz naturel demeure son principal pilier, mais les dernières évolutions du contexte énergétique européen ont également renforcé la portée stratégique de la relation avec l’Algérie.
« Nous apprécions beaucoup le caractère fiable, crédible de l’Algérie comme partenaire énergétique », a insisté Diego Mellado, rappelant que cette relation, établie depuis plusieurs années, « a pu être mise à l’épreuve dans des moments difficiles pour l’Europe », notamment lors des tensions ayant affecté la sécurité des approvisionnements énergétiques.
L’UE voit ainsi dans l’Algérie non seulement un fournisseur important de gaz, mais également un acteur appelé à conserver une place significative dans la nouvelle configuration énergétique européenne.
Les infrastructures gazières comme levier pour l’hydrogène
Le changement d’échelle recherché par Bruxelles passe désormais par les nouvelles filières énergétiques. L’hydrogène vert figure au premier rang de cette stratégie, avec la volonté de valoriser les infrastructures énergétiques déjà en place entre les deux rives de la Méditerranée.
L’ambassadeur a notamment évoqué le South H2 Corridor, projet visant à développer la production d’hydrogène vert en Afrique du Nord et à l’acheminer vers l’Europe, notamment à travers la Tunisie.
« Notre partenariat, qui s’est basé sur des infrastructures dans le domaine du gaz, peut aussi servir pour l’avenir, pour le futur, pour les énergies renouvelables », a-t-il expliqué.
L’enjeu est donc de transformer progressivement les infrastructures existantes en un atout pour la transition énergétique. Pour l’Algérie, cette évolution pourrait également contribuer à diversifier son propre mix énergétique et à réduire la pression sur la demande gazière intérieure. Le développement de nouvelles sources d’énergie permettrait, selon l’ambassadeur, de dégager davantage de volumes de gaz pour d’autres usages, tout en accompagnant les besoins de l’industrie et de la consommation locale.
Au-delà des flux énergétiques, Bruxelles entend ainsi inscrire la relation avec Alger dans une coopération économique plus large, incluant les investissements, l’industrie et le commerce. La présence inédite de l’UE au NAPEC traduit, à cet égard, la volonté de faire du partenariat énergétique algéro-européen non plus seulement une relation de fournisseur à acheteur, mais un axe de coopération appelé à accompagner la transformation du système énergétique des deux partenaires.




