L’ambassadeur de la République sahraouie en Algérie, Khatri Adouh Khatri, a appelé, samedi, la communauté internationale et les organisations de défense des droits de l’homme à intervenir en urgence pour la libération des prisonniers politiques sahraouis détenus dans les geôles de l’occupant marocain et la fin des actes de torture, des traitements cruels et des violations de leurs droits fondamentaux.

Lors d’une conférence de presse consacrée à la situation des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines, le diplomate sahraoui a indiqué que des rapports et des avis émanant d’instances onusiennes avaient « confirmé le caractère arbitraire de la détention de plusieurs d’entre eux, notamment des membres du groupe de Gdeim Izik », appelant à « agir pour obtenir leur immédiat, leur rendre justice et réparer les préjudices qu’ils ont subis ».

Dans ce contexte, il a évoqué les positions du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire (GTDA), qui avait précédemment qualifié la détention de ces personnes de détention arbitraire et demandé leur libération ainsi que leur indemnisation pour les préjudices subis. Il a également cité les rapports du Comité des Nations Unies contre la torture (CAT), qui ont fait état de tortures et de traitements cruels et dégradants infligés à ces détenus.

Le diplomate a déploré, par ailleurs, l’absence d’un rôle actif du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans le suivi de la situation des prisonniers politiques sahraouis, l’appelant à « assumer ses responsabilités et à travailler pour contraindre l’occupation marocaine à respecter les lois et les conventions internationales relatives au traitement des détenus ».

S’agissant du dossier des disparus sahraouis depuis 1975, il a révélé que « 500 à 600 personnes restent portées disparues dans les prisons marocaines », soulignant que leurs familles « attendent toujours des informations à leur sujet, alors que l’occupant marocain refuse de révéler leur sorte, y compris aux Nations unies et aux organisations internationales concernées ».

Le diplomate sahraoui a souligné la nécessité « pour la communauté internationale, l’ONU et ses organes compétents de réagir afin de faire la lumière sur le sort de ces disparus, au regard des souffrances humaines, psychologiques et sociales endurées par leurs familles depuis des décennies », pertinent que ce dossier constitue l’un des aspects les plus marquants de la tragédie du peuple sahraoui.

Processus de décolonisation

Par ailleurs, l’ambassadeur sahraoui a affirmé que la question sahraouie « demeure présente au sein des instances onusiennes, également bien dans le cadre de la 4e Commission chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation de l’Assemblée générale de l’ONU, qu’au niveau du Conseil de sécurité, qui examine chaque année le dossier du Sahara occidental et le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) ».

Il a souligné que le maintien de la MINURSO constitue une « nécessité », au regard de « la responsabilité juridique, politique et morale de l’ONU dans la recherche d’une solution définitive au conflit », soulignant que tout processus de règlement de la question sahraouie « doit s’inscrire dans le cadre du respect de la légalité internationale et garantir au peuple sahraoui l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance ».

Dans ce cadre, il a réitéré l’attachement du Front Polisario à l’accord de règlement signé par les deux parties au conflit, estimant que « l’organisation d’un référendum libre et transparent demeure le mécanisme à même de permettre au peuple sahraoui d’exprimer sa volonté quant à son avenir ».

Il a également salué le rôle joué par les médias algériens dans le soutien à la cause des détenus sahraouis, notamment après la grève de la faim entamée, par un groupe d’entre eux, depuis le 23 septembre dernier, saluant également le rôle des mouvements internationaux de solidarité dans la défense de la cause sahraouie.

A ce titre, M. Khatri Adouh Khatri a annoncé l’organisation, en novembre prochain, d’une conférence internationale de solidarité avec le peuple sahraoui à Madrid (Espagne), en vue de poursuivre la mobilisation internationale en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. (