H. N
L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les rédactions, facilitant la recherche documentaire, la traduction, la transcription et la correction des textes. Son utilisation exige toutefois rigueur, vigilance et respect de la déontologie. C’est le principal enseignement de la journée de formation consacrée à « La maîtrise de la langue et l’utilisation de l’intelligence artificielle », organisée mardi par le ministère de la Communication, en collaboration avec le Haut Conseil de la Langue Arabe.
Les intervenants ont souligné que l’intégration de ces technologies doit s’accompagner d’une supervision humaine permanente, de la recherche de l’information jusqu’à sa publication. Le journaliste demeure responsable de la fiabilité des faits, de la précision du vocabulaire et de la qualité rédactionnelle.
Vers le « journaliste augmenté »
Dans une communication intitulée « Intelligence artificielle et journalisme : éthique, pratiques et souveraineté numérique », Samir Azzoug, rédacteur en chef adjoint de la cellule de veille médiatique et stratégique de l’APS, a présenté les mutations induites par l’IA générative dans les rédactions.
Selon les données exposées, 87 % des responsables de médias interrogés ont constaté des changements organisationnels liés à ces technologies, tandis que 76,4 % s’inquiètent des erreurs, des informations fictives et des risques de déformation des faits. La traduction multilingue et la transcription automatique figurent parmi les usages les plus répandus, avec 65 % des applications citées, contre 75 % pour la conversion de textes en contenus audio.
Pour le conférencier, l’IA favorise l’émergence du « journaliste augmenté », capable de gagner en efficacité sans renoncer à sa mission fondamentale : garantir la crédibilité de l’information.
Quatre contrôles avant publication
Samir Azzoug a également alerté sur les « hallucinations » algorithmiques, les biais culturels et linguistiques ainsi que les risques de fuite de données sensibles, notamment celles concernant les sources journalistiques.
Il recommande quatre vérifications systématiques avant toute publication : contrôler la source originale, signaler le recours à l’IA, examiner les éventuels biais et soumettre le contenu à une relecture humaine.
De son côté, Yacine Bouras, enseignant à l’Université Mohamed Boudiaf de M’sila, a présenté des outils numériques dédiés à la recherche, à la correction linguistique et à l’amélioration des textes, notamment dans le cadre du programme « Hadawi » du Haut Conseil de la Langue Arabe.
Les deux intervenants ont défendu une même approche : mettre l’intelligence artificielle au service de la qualité journalistique, sans jamais lui déléguer la vérification des faits ni la responsabilité éditoriale.




