
Wassila. B
Un cap historique est franchi. En passant de 53 000 abonnements à la fibre optique en juin 2020 à plus de 4 millions début octobre 2026, l’Algérie vient de démontrer qu’une transformation numérique de grande ampleur n’est pas une utopie, mais une réalité mesurable. Ce bond spectaculaire, salué par le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, témoigne d’une volonté politique affirmée et d’une exécution rigoureuse sur le terrain. Là où beaucoup de nations peinent à généraliser le très haut débit, l’Algérie a su tracer sa route avec détermination, faisant de la modernisation des réseaux fixes un véritable projet de société.
La dynamique s’accélère et se consolide. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’environ 1,08 million d’abonnements fin 2023, le parc FTTH est passé à 1,7 million fin 2024, puis à 2,6 millions en décembre 2025. Au cours des seuls neuf premiers mois de 2026, 1,4 million de foyers supplémentaires ont été raccordés. Cette progression fulgurante n’est pas le fruit du hasard : elle résulte d’une stratégie cohérente de déploiement, d’un investissement soutenu et d’une mobilisation sans précédent des acteurs du secteur. Avec l’objectif de dépasser 4,4 millions d’abonnements avant la fin de l’année et 300 000 raccordements supplémentaires au premier trimestre 2027, l’Algérie ne se contente pas de suivre le rythme mondial : elle l’accélère.
La fibre devient le socle du haut débit national. Au troisième trimestre 2025, avec 2,56 millions d’abonnements, la fibre optique s’est imposée comme la première technologie individuelle du marché, devançant l’ADSL et la 4G LTE fixe. Cette bascule technologique marque la transition progressive d’un réseau cuivre vieillissant vers une infrastructure d’avenir, capable de répondre aux besoins croissants des services publics numériques, de l’enseignement en ligne et des services cloud. Mieux encore, cette expansion s’accompagne d’une baisse de 76 % du tarif mensuel d’une offre d’au moins 100 Mbit/s, rendant le haut débit réellement accessible aux ménages et aux entreprises. C’est là toute la dimension sociale de cette révolution : le numérique ne doit pas être un privilège, mais un droit ouvert à tous.
Une étape décisive, mais le chemin continue. Le franchissement du seuil des 4 millions d’abonnements marque un changement d’échelle indéniable pour l’Algérie. Il convient de saluer cet exploit, fruit d’une vision claire et d’une constance dans l’action. Pour autant, la prochaine étape : achever la migration du cuivre vers la fibre et développer les capacités de raccordement international, exigera la même rigueur et la même détermination. La qualité effective des connexions, la couverture des zones enclavées et la poursuite de la baisse des prix seront les véritables indicateurs de réussite. L’Algérie a posé les fondations d’une nation connectée ; il lui reste à en faire un levier durable de développement économique et d’inclusion sociale. Le cap est fixé, la dynamique est lancée : l’avenir numérique du pays s’écrit dès aujourd’hui.

