Une mesure historique pour libérer l’investissement

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Wassila. B

La publication au Journal officiel du décret présidentiel n° 26-326 du 12 octobre 2026 restera dans l’histoire car elle acte la refonte du climat des affaires en Algérie. En créant un Guichet unique de l’investissement, interlocuteur exclusif des investisseurs nationaux et étrangers, le président Abdelmadjid Tebboune concrétise un engagement. Ce dispositif, tant attendu par le monde économique, répond à une exigence de simplification et de lisibilité que les opérateurs réclamaient depuis des années. Il consacre la volonté présidentielle de faire de l’investissement le moteur d’une économie diversifiée, affranchie de la dépendance aux hydrocarbures.

Le choix d’un guichet unique, intégré et exclusif, constitue une rupture avec la dispersion administrative qui a longtemps découragé les porteurs de projets. L’article 5 du décret lui confère le pouvoir de statuer sur l’ensemble des décisions et de délivrer tous actes, agréments et autorisations, de l’enregistrement jusqu’à la réalisation et l’exploitation. En plaçant ce guichet sous l’autorité directe du Premier ministre et en confiant sa direction à un PDG nommé par le président de la République avec rang de ministre d’État, les pouvoirs publics envoient un signal fort : l’investissement sera désormais traité au plus haut niveau de l’État, avec célérité et responsabilité. Cette architecture institutionnelle inédite traduit la détermination de l’exécutif à briser les pesanteurs bureaucratiques qui ont trop longtemps entravé l’initiative économique.

La portée de cette réforme se mesure aussi à l’ampleur des missions confiées à cette structure. Gestion du foncier industriel, création et aménagement de zones industrielles, constitution d’un portefeuille foncier, octroi et suivi des avantages fiscaux et douaniers, accompagnement financier, raccordement aux réseaux : les neuf pôles spécialisés couvrent l’intégralité du parcours de l’investisseur. En intégrant la gestion du foncier économique et le suivi de l’avancement des projets, le Guichet unique s’attaque à deux des principaux freins identifiés par les opérateurs. Il ne s’agit plus seulement d’accueillir l’investissement, mais de l’accompagner jusqu’à sa concrétisation effective.

Cette décision intervient à la veille de la rencontre du président de la République avec les opérateurs économiques, la troisième du genre en trois ans. Elle témoigne d’une méthode : écouter, décider, agir. Pour que cette avancée produise tous ses effets, elle devra s’accompagner d’une publication régulière de statistiques économiques et d’une confiance mutuelle entre l’État et le patronat. Le Guichet unique n’est pas une fin en soi, mais un instrument au service d’une ambition nationale : faire de l’Algérie une terre d’investissement attractive, compétitive et créatrice de richesse. C’est à cette condition que la relance économique tant espérée deviendra une réalité durable, au bénéfice de toute la nation.