H. Nassira 

Le choix de l’université d’Oran 2 Mohamed Ben Ahmed pour lancer la 26e Semaine mondiale de la langue italienne consacre le rôle de l’institution dans le rapprochement culturel et académique entre l’Algérie et l’Italie. Une consécration qui intervient au lendemain de l’ouverture d’une section d’italien à la faculté des langues étrangères, appelée à élargir les perspectives de formation et de coopération universitaire.

Le coup d’envoi de cette manifestation a été marqué par la réception, par le recteur de l’université, le professeur Ahmed Chellal, de Paola Cordon, directrice de l’Institut culturel italien en Algérie, accompagnée de Francesco Leggio. Une rencontre qui a donné lieu à une conférence scientifique et culturelle réunissant étudiants, enseignants et chercheurs autour des liens historiques et civilisationnels entre les deux pays, unis par leur appartenance à l’espace méditerranéen.

Amara Lakhous ouvre le dialogue avec les étudiants

Temps fort de cette journée, l’intervention par visioconférence de l’écrivain, journaliste et anthropologue algéro-italien Amara Lakhous a permis aux étudiants d’échanger directement avec un auteur dont l’œuvre, écrite en arabe et en italien, explore les questions de l’immigration, de l’intégration et du multiculturalisme. Son parcours littéraire a notamment été distingué par le prix Flaiano en 2006, le prix Racalmare-Leonardo Sciascia la même année, ainsi que le prix des libraires algériens en 2008.

Pour le recteur Ahmed Chellal, cette initiative traduit un intérêt partagé pour le renforcement des échanges culturels et intellectuels entre l’Algérie et l’Italie. Elle a surtout offert aux étudiants de la nouvelle section d’italien l’occasion de découvrir d’autres expériences et d’approfondir leur connaissance de la langue et de la littérature italiennes.

Le responsable a également souligné la nécessité de consolider cette jeune filière, créée durant l’année universitaire 2025-2026. L’université envisage, dans cette perspective, de conclure des accords avec des établissements italiens afin d’accueillir des enseignants pour des périodes allant d’un semestre à une année universitaire. Une démarche destinée à améliorer la qualité de la formation et à favoriser le transfert des compétences. En parallèle, l’établissement poursuit le développement de l’enseignement des langues étrangères, notamment à travers son Centre d’enseignement intensif des langues, qui dispense des formations dans huit langues.

L’italien, un choix d’avenir pour les étudiants

Au-delà de sa portée culturelle, cette manifestation a suscité l’enthousiasme des étudiants, qui entrevoient dans l’apprentissage de l’italien de nouvelles perspectives universitaires et professionnelles.

Yousra Mokhtar Ben Ouennane, étudiante en première année, a confié à Cap Dz son intérêt grandissant pour cette langue qu’elle connaissait peu avant son entrée à l’université. 

La projection documentaire et les échanges avec Amara Lakhous lui ont notamment permis de découvrir les similitudes entre les littératures algérienne et italienne, ainsi que les affinités sociales et culturelles entre les deux peuples. Déterminée à poursuivre ses études jusqu’au doctorat, elle ambitionne de devenir enseignante universitaire.

Même enthousiasme chez Firouz Ben Aïcha, qui avait découvert l’italien au lycée, dans la wilaya de Relizane, au sein d’un groupe de sept élèves en deuxième année secondaire. Désormais inscrite à l’université d’Oran 2, elle souhaite faire de cette langue un véritable métier et devenir traductrice spécialisée.

La manifestation a également mobilisé des enseignants de la faculté des langues étrangères, prêts à contribuer au développement de cette spécialité. Ouverte à la faveur d’un accord de partenariat signé le 12 octobre 2025, la section d’italien entend ainsi s’inscrire dans une dynamique durable de coopération universitaire, de mobilité académique et de dialogue entre les cultures algérienne et italienne.