Sahara occidental : l’autodétermination est la seule issue

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Wassila. B

Le projet de résolution américain sur le renouvellement du mandat de la MINURSO, daté du 20 octobre 2026, n’est pas un document neutre. Comme le relève avec justesse l’ancien ambassadeur Amar Belani, ce « draft zéro » reprend à son compte l’essentiel des demandes marocaines et érige le plan d’autonomie sous souveraineté de Rabat en « base exclusive des négociations ». Or, un tel parti pris préjuge de l’issue d’un processus qui relève, ne l’oublions pas, de la décolonisation. La mention de l’autodétermination dans le préambule ne saurait servir d’alibi : lorsque le dispositif restreint substantiellement la portée de ce principe, c’est l’esprit même de la Charte des Nations unies qui est trahi. Prétendre imposer un cadre politique prédéterminé sous couvert de « base réaliste » n’est pas négocier, c’est conclure avant d’avoir discuté.

L’asymétrie du texte est tout aussi préoccupante. Le projet condamne l’attaque de Smara du 5 mai 2026 sans offrir d’analyse comparable des responsabilités marocaines, notamment l’usage de drones, y compris contre des civils. Il déplore le refus d’une partie de participer substantiellement aux négociations, mais ne reprend que les arguments favorables à Rabat. Cette partialité n’est pas une simple imperfection rédactionnelle : elle risque d’entamer la crédibilité du Conseil de sécurité comme garant d’un processus impartial. Un arbitre qui épouse la thèse d’une des parties cesse d’être un arbitre. Et lorsqu’il entend, en outre, battre en brèche le statut du Front Polisario comme seul représentant du peuple sahraoui en inventant des « composantes sahraouies » extérieures au Front, le texte franchit une ligne supplémentaire : celle de la remise en cause de la représentativité légitime du peuple concerné.

Le volet institutionnel trahit la même logique. Renommer la MINURSO en « Mission des Nations unies pour le Sahara occidental » (MINUSO), c’est effacer le « R » de référendum, ce « R » qui a hanté la monarchie marocaine pendant des décennies, comme le note M. Belani. Ce n’est pas une subtilité sémantique : c’est la disparition de l’horizon même du règlement, celui d’une consultation populaire libre et régulière. Le calendrier annoncé (réduction de moitié des effectifs en uniforme dès janvier 2027, fin du maintien de la paix en avril, transformation en mission politique spéciale jusqu’en octobre) dessine un retrait progressif sans garanties contre « un vide porteur de tous les dangers ». Les membres du Conseil se doivent d’examiner les conséquences concrètes de ce calendrier avant de valider une telle dérive.

Il reste une lueur d’espoir, et elle est institutionnelle. Le texte n’est pas adopté : la Russie et la Chine pourraient s’opposer à toute modification touchant aux fondements du mandat, et plusieurs membres n’accepteront pas l’autonomie marocaine comme unique base des négociations. Le Front Polisario, de son côté, avertit qu’il n’aurait « aucune autre option que de se retirer de l’ensemble du processus de paix » si le texte passait sans amendements substantiels, un avertissement qu’il faut prendre au sérieux, car un processus sans l’une des parties n’est plus un processus.