Fatima Benyekhlef
La lutte contre la pollution des eaux transfrontalières passe par une coopération régionale renforcée, fondée sur le droit international et des mécanismes concrets de prévention. C’est le plaidoyer porté par Dr Nidal Salim, directeur général du Global Institute for Water, Environment and Health (GIWEH), basé à Genève, lors de son intervention à l’ouverture de la conférence internationale organisée à Tlemcen sur la protection des cours d’eau partagés et les risques liés à leur pollution.
L’expert a d’abord dressé un état des lieux des ressources hydriques en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye et dans la région du Sahel, des territoires particulièrement vulnérables à la sécheresse et aux contaminations. Face à ces menaces, il a appelé à dépasser les déclarations d’intention pour bâtir une coopération régionale appuyée sur les conventions internationales et les principes consacrés par les Nations unies.
« Il faut renforcer la coopération entre les pays de la région, prévenir la pollution et revenir aux normes des Nations unies et au droit international », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’ouvrir davantage le dialogue entre les États riverains.
Des engagements aux solutions concrètes
Au-delà du cadre juridique, Dr Nidal Salim a plaidé pour la mise en œuvre de mécanismes opérationnels permettant de prévenir les contaminations et d’assurer une gestion durable des ressources partagées. Il a notamment mis en avant les objectifs de développement durable des Nations unies, en particulier l’objectif 6 consacré à l’accès à l’eau et à l’assainissement, ainsi que les indicateurs relatifs à la gestion intégrée des ressources en eau.
L’enjeu est de promouvoir des normes communes garantissant que l’utilisation des eaux par un pays ne porte pas préjudice aux autres États concernés. Cette exigence implique également le recours aux nouvelles technologies, notamment aux méthodes isotopiques appliquées à l’hydrologie, pour mieux suivre les ressources et comprendre les phénomènes de contamination.
Pour le directeur général du GIWEH, cette démarche doit aussi associer les populations locales, les femmes et les jeunes, dont la participation peut contribuer à consolider les initiatives de coopération.




