L’Algérie prône une transition énergétique juste et progressive

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Wassila. B

À l’occasion du 8e Sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) qui s’est tenu à Moscou, le président Abdelmadjid Tebboune a prononcé un discours d’une portée stratégique remarquable, dont la substance a été lue par le Premier ministre Sifi Ghrieb. En appelant à stabiliser les marchés et à sécuriser les investissements, le chef de l’État algérien a rappelé avec force que le gaz naturel n’est pas une option conjoncturelle, mais un pilier durable des économies nationales. Son intervention, marquée par la transmission de la présidence du Forum à la Russie amie après la « Déclaration d’Alger », témoigne de la constance d’une vision algérienne qui a su faire du GECF une référence internationale reconnue au sein de l’équation énergétique mondiale.

Le plaidoyer du président Tebboune en faveur de la souveraineté des États en matière de politiques énergétiques constitue le cœur de son message. En soulignant qu’une législation instable alimente les perturbations des marchés, freine les investissements et expose la sécurité des approvisionnements à des risques accrus, il a mis en lumière une vérité essentielle : l’injection de milliards de dollars dans les infrastructures gazières exige des cadres réglementaires stables et une valorisation équitable du gaz, notamment dans le cadre de contrats à long terme. Son appel à un dialogue constructif pour un cadre réglementaire consensuel, garantissant la sécurité des investissements et les orientant vers les régions qui en ont le plus besoin, résonne comme une exigence de justice économique à l’échelle mondiale.

Au-delà de la question gazière, le chef de l’État a défendu une conception équilibrée de la transition énergétique, juste et progressive, qui ne saurait exclure quiconque ni faire peser sur les nations en développement des fardeaux dont elles ne sont pas responsables. En présentant le gaz naturel comme un partenaire naturel des énergies renouvelables (un pont de passage sûr plutôt qu’un obstacle), il a proposé une articulation intelligente entre sécurité énergétique, développement économique et objectifs climatiques, dans le respect du principe des responsabilités communes mais différenciées. Son appel à mobiliser la technologie, l’innovation et l’Institut de recherche sur le gaz pour la diffusion des technologies de réduction des émissions et du CCUS inscrit cette vision dans une modernité assumée.

Ce discours a été l’occasion pour l’Algérie de rappeler avec fierté son statut de fournisseur sûr et fiable, pionnier de l’industrie gazière depuis le complexe d’Arzew en 1964 et aujourd’hui parmi les dix plus grands producteurs mondiaux. Le président Tebboune a présenté une Algérie qui ne subit pas la transition énergétique mais en définit les contours elle-même, à travers le programme de 15 000 mégawatts d’énergies renouvelables, les projets structurants de Gara Djebilet et des phosphates, le gazoduc transsaharien et le « Corridor Sud » vers l’Europe. En plaidant pour une voix unifiée du Forum au service des intérêts communs et pour l’élargissement du gaz sur de nouveaux marchés dans le cadre de la coopération Sud-Sud, il a tracé une vision unifiée pour les décennies à venir, placée sous le signe d’un gaz plus sûr et plus propre, et d’un marché plus stable.