
B. Bacha
La maîtrise des rejets industriels constitue un enjeu majeur pour la préservation des écosystèmes aquatiques. En marge de la troisième journée de la conférence internationale IC-TWEP 2026, consacrée à la protection des cours d’eau transfrontaliers et à la prévention de la pollution environnementale, Dre Nadia Badr, enseignante en sciences de l’environnement et chimie environnementale à la faculté des sciences de l’Université d’Alexandrie, a présenté à CapDz des travaux de recherche portant sur l’élimination de deux éléments particulièrement préoccupants pour l’environnement : l’arsenic et le sélénium.
Invitée à prendre part à cette rencontre scientifique par la Dre Cherifa, organisatrice générale de la conférence, la chercheuse égyptienne a inscrit sa participation dans une réflexion plus large sur les changements climatiques et leurs répercussions sur les cours d’eau, ainsi que sur la préservation des écosystèmes aquatiques transfrontaliers.
Son travail s’intéresse notamment à l’optimisation des procédés d’adsorption, une technique permettant de retenir certains contaminants grâce à des matériaux spécifiques. L’objectif est de parvenir à extraire les éléments ciblés des effluents industriels avant leur rejet dans les milieux aquatiques.
Les recherches présentées reposent sur l’utilisation de l’analyse factorielle afin d’optimiser les conditions d’élimination de l’arsenic et du sélénium. Deux matériaux adsorbants ont été étudiés : le métasilicate de calcium et des nanoparticules d’argent obtenues par synthèse verte, une approche visant à privilégier des procédés de préparation plus respectueux de l’environnement.
« Nous avons constaté que les nanoparticules présentaient de meilleures performances que le métasilicate de calcium, tandis que le sélénium affichait un taux d’élimination supérieur à celui de l’arsenic », explique Dre Nadia Badr à CapDz.
Issus d’un travail de recherche universitaire mené initialement dans le cadre d’un mémoire de doctorat, ces résultats ont été approfondis et valorisés sous la forme d’une publication scientifique, compte tenu de leur intérêt environnemental.
Au-delà de leur portée académique, ces travaux ouvrent des perspectives pour le traitement des effluents industriels. L’enjeu consiste à réduire la présence de ces deux éléments avant le déversement des eaux usées dans les cours d’eau et autres écosystèmes aquatiques ouverts.
Dans un contexte marqué par les pressions croissantes exercées sur les ressources hydriques, cette approche souligne l’importance des solutions scientifiques et technologiques pour limiter la contamination des milieux naturels. Elle rappelle également que la prévention de la pollution doit intervenir en amont des rejets, afin de réduire les risques pour les écosystèmes aquatiques, particulièrement vulnérables lorsque les eaux contaminées franchissent les frontières.



