Bakhta. B
En l’absence d’un cadre de coopération avec les pays voisins, le droit international constitue un recours pour défendre les droits liés aux ressources hydriques partagées. C’est le message porté par Mohamed Dermachi, président du mécanisme de suivi et d’évaluation du Système aquifère du Sahara septentrional (SASS), dans une déclaration à CapDz, en marge de la troisième journée de la conférence internationale IC-TWEP 2026, consacrée à la protection des cours d’eau transfrontaliers et à la prévention de la pollution environnementale.
Évoquant les relations hydriques aux frontières occidentales de l’Algérie, il a souligné la nécessité de s’appuyer sur les instruments du droit international pour faire face aux dépassements susceptibles d’affecter les ressources partagées. Il a également insisté sur l’importance de préserver la qualité des eaux et des nappes souterraines, estimant que les mêmes exigences de protection devaient s’appliquer aux cours d’eau traversant les frontières.
Le SASS veut faire de la gestion des eaux souterraines partagées un modèle régional
Au-delà de cette question, Mohamed Dermachi a mis en avant l’expérience de coopération engagée entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye autour du Système aquifère du Sahara septentrional. Ce dispositif vise à renforcer la coordination entre les trois pays pour assurer le suivi, l’évaluation et la préservation durable de leurs ressources souterraines communes.
Le responsable a rappelé que les dernières étapes de la construction institutionnelle du mécanisme avaient été achevées en avril dernier à Tripoli. L’enjeu est désormais de passer à une phase opérationnelle, en mobilisant les institutions nationales chargées de mesurer et de surveiller les ressources hydriques, dans une logique de gestion concertée et de résultats communs.
Cette démarche bénéficie, selon lui, d’une orientation politique affirmée. La coopération hydrique figurait parmi les questions abordées lors du sommet tripartite organisé à Tunis le 22 avril 2024, réunissant les présidents de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye. Un engagement politique que le responsable considère comme un levier essentiel pour consolider la coordination entre les acteurs concernés.
Mohamed Dermachi a également souligné le caractère novateur de cette expérience. Alors que la gestion des eaux superficielles partagées bénéficie déjà d’avancées dans le cadre international, celle des ressources souterraines reste un domaine dans lequel les mécanismes de coopération peuvent encore se développer. Le SASS ambitionne ainsi de constituer une expérience de référence pour la gestion concertée des aquifères transfrontaliers.
À travers cette initiative, l’objectif est de faire de la coopération entre les trois pays un instrument durable de préservation des ressources souterraines, tout en affirmant la nécessité de protéger les eaux partagées contre les risques de dégradation.




