L’Algérie résolument tournée vers la protection sociale

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Wassila. B

Le projet de loi de finances (PLF) 2027, présenté devant l’Assemblée populaire nationale, marque un tournant décisif dans la politique sociale du gouvernement. En consacrant une enveloppe historique de 2 414,15 milliards de dinars aux transferts sociaux, soit près de 17,7 milliards de dollars, l’exécutif affiche clairement sa volonté de placer la protection des ménages et la sauvegarde du pouvoir d’achat au cœur de ses priorités. Cette orientation budgétaire, dans un contexte économique mondial incertain, témoigne d’une ambition assumée : celle de ne laisser aucun Algérien au bord du chemin face à la cherté de la vie.

La pertinence de ces choix budgétaires se mesure à l’aune des défis auxquels le pays est confronté. La hausse des prix alimentaires, qui a atteint 9,54 % entre août 2025 et août 2026 selon l’Office national des statistiques, pèse lourdement sur les ménages les plus modestes. Face à cette réalité, l’affectation de 717,7 milliards de dinars au soutien et à la stabilisation des prix des produits de première nécessité constitue une réponse concrète et immédiate. Cette mesure, couplée à la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) à 24 000 dinars et à la hausse de l’allocation chômage à 18 000 dinars, démontre une volonté de redistribuer les fruits de la croissance et de renforcer le filet de sécurité sociale.

Au-delà de l’urgence sociale, le PLF 2027 se distingue par une approche globale et ambitieuse. La création de 125 675 postes budgétaires, le soutien continu aux secteurs de la santé, de l’éducation et du logement, ainsi que le financement des équipements collectifs, sont autant de leviers qui agissent en profondeur sur les déterminants de la protection sociale. Dans un pays où le chômage des jeunes atteint 29,4 %, ces créations de postes et ces investissements dans les secteurs sociaux sont essentiels pour offrir des perspectives d’avenir à une jeunesse qui constitue la richesse la plus précieuse de la nation. Le programme lancé avec les Nations unies pour moderniser le système de protection sociale vient par ailleurs renforcer la durabilité et l’efficacité de ces dispositifs.

Ce budget social s’inscrit dans une vision économique cohérente, visant à concilier soutien aux ménages, croissance et maîtrise des finances publiques. Les prévisions de croissance de 4,2 % pour 2027, portées par un secteur hors hydrocarbures dynamique et par des investissements structurants tels que le gisement de fer de Gara Djebilet, le projet de phosphate et la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, dessinent les contours d’une économie diversifiée et résiliente. Le gouvernement algérien envoie ainsi un signal fort : la protection sociale n’est pas une dépense passive, mais un investissement dans la stabilité, la dignité et la prospérité de la nation. Ce PLF 2027 mérite d’être salué comme un acte de responsabilité et de solidarité envers le peuple algérien.