S Hadjar
Plantes médicinales, compléments alimentaires et associations de traitements ne sont pas sans danger. À l’occasion de la Semaine mondiale de la sécurité médicamenteuse, le service de pharmacovigilance de l’EHU 1er Novembre 1954 a placé la prévention des interactions médicamenteuses et le signalement des effets indésirables au cœur de sa campagne de sensibilisation.
Prendre un médicament sans avis médical, associer plusieurs traitements ou recourir simultanément à des produits naturels et à des compléments alimentaires sont autant de pratiques susceptibles de compromettre la sécurité des patients. C’est sur ces risques, encore trop souvent sous-estimés, que le service de pharmacovigilance de l’EHU 1er Novembre 1954 d’Oran a choisi d’attirer l’attention à travers une campagne de proximité organisée dans le cadre de la Semaine mondiale de la sécurité médicamenteuse.
Sous la supervision du professeur Toumi Houari, cette initiative a mobilisé une équipe médicale chargée de sensibiliser les professionnels de santé et les patients aux dangers des interactions médicamenteuses et à l’importance de déclarer toute manifestation indésirable consécutive à la prise d’un traitement.
Au-delà des explications sur les risques, l’opération a surtout voulu faire évoluer les comportements face aux effets secondaires. Le message retenu, « Les effets secondaires, ne les ignorez pas, signalez-les ! », traduit cette volonté de faire de la déclaration un réflexe, plutôt qu’une démarche occasionnelle. Des dépliants informatifs ont ainsi été distribués pour expliquer les modalités de signalement et fournir aux usagers les indications nécessaires.
L’accent mis sur les produits naturels mérite également d’être souligné. Leur consommation, parfois associée à une perception excessive d’innocuité, peut entraîner des interactions avec certains médicaments et provoquer des complications. Les compléments alimentaires et les préparations à base de plantes ne doivent donc pas être utilisés sans précaution ni se substituer à un traitement prescrit.
80 signalements par an : un enjeu de vigilance
Le service de pharmacovigilance de l’établissement enregistre environ 80 cas chaque année. Ce bilan donne toute sa portée à l’action de sensibilisation, qui vise notamment à encourager les patients et les professionnels à ne pas négliger les réactions inhabituelles et à les porter à la connaissance du service compétent.
La pharmacovigilance repose précisément sur cette remontée d’informations, indispensable à une meilleure connaissance des effets des médicaments et à l’identification des risques associés à leur utilisation. Plus les déclarations sont encouragées, plus la surveillance peut s’appuyer sur des données permettant de renforcer la sécurité thérapeutique.
À travers cette campagne, l’EHU d’Oran entend ainsi rappeler qu’un médicament, même correctement prescrit, exige une utilisation responsable et une surveillance attentive. La prévention des risques médicamenteux commence aussi par un geste simple : ne jamais banaliser un effet indésirable et le signaler.




