H. Benouda 

Derrière l’affichage numérique des balances électroniques se cacherait une fraude difficile à déceler, mais dont les consommateurs font les frais au quotidien. À Oran, l’utilisation d’appareils de pesage non conformes aux normes légales suscite de sérieuses inquiétudes, en raison des manipulations auxquelles certains commerçants auraient recours pour gonfler le poids affiché et, par conséquent, le montant des achats.

Face à ces pratiques, les services de l’Office national de métrologie légale (ONML) d’Oran ont engagé des opérations de contrôle ciblant les balances suspectées de non-conformité, notamment dans les boucheries, les commerces de fruits et légumes et les magasins d’alimentation générale. Les vérifications font suite à des dépassements liés à la facturation de quantités supérieures à celles réellement délivrées aux clients.

Selon un cadre de l’Office, certains commerçants exploitent les paramètres techniques de ces appareils pour fausser les résultats de pesage. Une pratique d’autant plus difficile à démasquer que le consommateur se fie au chiffre affiché sur l’écran, sans pouvoir vérifier spontanément l’exactitude de la mesure. Certains opérateurs iraient jusqu’à afficher des prix attractifs pour attirer la clientèle, avant de compenser la différence par la manipulation du poids.

Ainsi, un kilogramme d’oranges annoncé à 250 dinars peut finalement être facturé à un prix nettement supérieur, sans que le client soupçonne une anomalie au niveau de la balance.

Bien que l’importation de ces équipements non conformes soit interdite, leur présence sur le marché a favorisé leur utilisation. Depuis le début de l’année, les services de l’ONML ont ainsi retiré près de 200 balances électroniques de la circulation, à la suite de contrôles ayant révélé leur non-conformité.

Ces interventions visent à endiguer une fraude insidieuse qui, au-delà des quantités soustraites aux consommateurs, contribue à éroder davantage leur pouvoir d’achat et appelle un contrôle rigoureux des instruments de pesage.