Habib Benaouda
Le dossier de l’ancien dispensaire du quartier de Canastel connaît un nouveau rebondissement. Le wali d’Oran, Brahim Ouchene, a ordonné jeudi l’ouverture d’une enquête sur les conditions d’exploitation de ce bien communal, avec pour instructions sa récupération au profit de la commune et l’interpellation des personnes impliquées. Cette décision fait suite à des soupçons de détournement de vocation du bâtiment, dont les travaux d’aménagement auraient visé sa transformation en habitation privée.
Cette décision intervient après les interrogations suscitées parmi les habitants du quartier par la libération des lieux de leur mobilier et de leur matériel communal, suivie de travaux d’aménagement intérieurs et extérieurs laissant présager un changement de destination du bâtiment.
Situé au 18 et 18 bis, rue Kebir Mohamed, l’édifice abritait autrefois un petit dispensaire, avant que cette activité ne soit transférée dans un local voisin, devenu l’actuelle salle de soins du quartier El Menzeh- Canastel à une dizaine de mètres seulement de l’ancien site. Récupéré par la commune, le bâtiment avait ensuite servi, durant plusieurs années, de dépôt pour les services communaux, notamment pour le stockage du matériel d’entretien et des équipements logistiques relevant de la délégation communale d’El Menzeh-Canastel.
D’une superficie avoisinant les 200 m², le bien a récemment fait l’objet d’une opération de vidage, avant que des travaux ne soient engagés. Ceux-ci ont notamment porté sur l’installation d’une porte métallique, de fenêtres et d’équipements liés à l’alimentation en eau, dont un réservoir et un chauffe-eau. Des aménagements intérieurs ont également été réalisés, avec la réservation d’un emplacement destiné à accueillir un compteur électrique de Sonelgaz.
Des soupçons de changement de vocation
Les déclarations d’un ouvrier présent sur les lieux, qui a indiqué que les travaux concernaient l’aménagement d’un logement, ont davantage alimenté les interrogations sur les conditions dans lesquelles un bien affecté à un usage public a pu être vidé puis transformé.
L’enquête ordonnée devra ainsi établir les circonstances exactes de cette opération, vérifier l’existence d’éventuelles autorisations et déterminer les responsabilités administratives et juridiques, notamment concernant l’évacuation du dépôt et les conditions de gestion de cette propriété communale.
La récupération du bâtiment revêt un intérêt particulier au regard de sa superficie et de son emplacement, mais aussi de la nécessité de préserver le patrimoine foncier et les équipements publics contre tout changement d’affectation à des fins privées en dehors du cadre légal.
L’affaire de l’ancien dispensaire de Canastel entre ainsi dans une nouvelle phase, dans l’attente des conclusions de l’enquête et des suites qui seront réservées à ce dossier.




