Le Groupe Saidal et le géant pharmaceutique danois Novo Nordisk ont annoncé hier la mise sur le marché algérien des premières insulines en stylo de dernière génération, en l’occurrence Tresiba. Au-delà de cette annonce, le partenariat vise à répondre à des défis concrets qui concernent l’amélioration du traitement des patients, la sécurisation de l’approvisionnement et l’accès aux innovations thérapeutiques.

La cérémonie s’est déroulée au siège de Novo Nordisk à Boufarik, dans la wilaya de Blida, à peine trois mois après le lancement des discussions en septembre, lesquelles ont été suivies par la signature d’un protocole d’accord puis d’un contrat en octobre 2025, pour aboutir aujourd’hui à la disponibilité effective de Tresiba sur le marché national.

Pour comprendre l’enjeu, il faut mesurer l’ampleur du diabète en Algérie. Selon les estimations de la Fédération internationale du diabète, près de 4,8 millions d’adultes algériens âgés de 20 à 79 ans vivent avec le diabète en 2024, ce qui positionne notre pays parmi les plus touchés de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. La prévalence ajustée selon l’âge atteint près de 17,5 % chez les adultes. Une proportion significative de ces patients requiert un traitement par insuline.

Dans ce contexte, le premier défi que le partenariat cherche à relever concerne l’offre thérapeutique destinée aux patients. Il s’agit de répondre aux besoins couverts par l’insuline basale, qui assure en continu l’apport nécessaire à l’organisme en dehors des repas, de jour comme de nuit. Tresiba s’inscrit dans cette logique avec une action prolongée et plus stable. Grâce à l’insuline dégludec, sa durée d’effet atteint environ 42 heures, contre 18 à 26 heures pour les insulines basales de la génération précédente. Une régularité qui améliore la stabilité glycémique.

En outre, le deuxième défi se rapporte à la production locale et à la sécurité de l’approvisionnement. Jusqu’à récemment, la quasi-totalité de l’insuline utilisée dans notre pays était importée, ce qui pesait lourdement sur la balance commerciale. Les estimations indiquent que l’Algérie pourrait économiser plus de 400 millions d’euros si elle parvenait à produire localement une partie significative de ses insulines, en réduisant les importations de produits finis.

Pour atteindre cet objectif, le site de Constantine a déjà lancé le processus de fabrication en full process, avec pour ambition la nationalisation rapide du produit. Une démarche qui vise à éviter tout aléa relatif à un marché international de plus en plus instable.

Enfin, le troisième défi concerne l’accès aux innovations thérapeutiques et leur production locale. L’accord signé avec Novo Nordisk prévoit l’intégration progressive des nouveaux traitements développés par le laboratoire danois directement dans les capacités industrielles nationales. Pour l’Algérie, cette orientation est un signal politique fort, traduisant une volonté de construire des partenariats fondés sur l’excellence, de moderniser l’industrie pharmaceutique locale et d’assurer aux patients l’accès aux dernières avancées médicales plutôt que de se contenter de solutions importées.