Djamila. M

Mercredi prochain à Oran, un colloque réunira des spécialistes autour d’une thématique essentielle : la sauvegarde du patrimoine matériel dans l’Ouest algérien et les moyens de le protéger contre la dégradation ou la disparition. Organisé par l’Université d’Oran 1 Ahmed Ben Bella, en partenariat avec plusieurs institutions culturelles et établissements d’enseignement supérieur, cet événement vise à proposer des solutions concrètes pour renforcer la protection de ce patrimoine unique.

Selon les organisateurs, le colloque revêt une importance particulière, car le patrimoine matériel constitue une composante fondamentale de l’identité nationale. Il englobe monuments architecturaux, sites archéologiques et objets conservés dans les musées, bibliothèques et archives. L’Ouest algérien se distingue par la richesse et la diversité de son héritage, couvrant des périodes allant de l’Antiquité à l’époque ottomane et coloniale.

Plus de trente chercheurs venus d’universités de tout le pays — de Mascara à Constantine, en passant par Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Tamanrasset, Béchar, Tipaza et Blida — participeront à cette rencontre, soulignant son envergure nationale et son rôle dans la préservation de la mémoire historique du pays.

Les débats porteront sur les principales menaces pesant sur le patrimoine matériel : dégradation naturelle due aux conditions climatiques, négligence, absence de sensibilisation, ainsi que vol et trafic illicite d’objets archéologiques.

Le programme prévoit diverses communications scientifiques, parmi lesquelles une étude sur la préservation du patrimoine architectural de l’Ouest algérien, mettant en lumière la Casbah d’Oran et d’autres monuments historiques, ainsi que le rôle des expéditions dans la documentation du patrimoine matériel de la ville.

Le colloque abordera également la gestion du patrimoine culturel matériel, les stratégies de protection et de valorisation face aux risques de dégradation et aux évolutions sociétales. Parmi les interventions attendues, une présentation sur l’historien Yahia Bouaziz et son projet de mémoire double, visant à réécrire l’histoire des villes algériennes et sauver leurs vestiges, avec Oran comme exemple, devrait retenir l’attention.

Parmi les autres thèmes figurent les phares et ports algériens, le patrimoine lié aux épidémies et maladies, ainsi que la Zaouia Sidi Mohieddine Qadiriya, reconnue comme berceau de saints et de révolutionnaires. Le colloque mettra également l’accent sur le rôle des médias culturels et des nouvelles technologies dans la préservation et la valorisation du patrimoine, conciliant exigences de mise en valeur et durabilité culturelle.