Meriem B

Soixante-quatre ans après la tragédie, la ville d’Oran a rendu ce jeudi 28 février 2026 un hommage solennel aux victimes du massacre de la Tahtaha, survenu en 1962 à haï Medina Djedida . Cet attentat, perpétré par l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) en plein mois de Ramadan, avait causé la mort de plus de 80 personnes et laissé de nombreux blessés, marquant à jamais la mémoire collective des habitants à la veille de l’indépendance nationale.

La cérémonie s’est déroulée sur la place El-Tahtaha, lieu même de l’attaque, sous l’égide du wali de la wilaya d’Oran, Brahim Ouchene en présence des autorités locales, des représentants des forces de sécurité, de la société civile, des familles de martyrs et des anciens combattants. L’émotion était palpable dès l’ouverture de la manifestation, avec la lecture de la Fatiha et la dépose d’une gerbe de fleurs au pied du mémorial dédié aux victimes, rappelant l’ampleur du drame et la détermination du peuple algérien face à la barbarie de l’OAS.

Les voix des moudjahidine pour transmettre la mémoire

Lors de son allocution, Brahim Benayad représentant de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), a rappelé l’importance de cette journée dans l’histoire d’Oran et du pays. « La flamme du 1er Novembre, héritée de nos héros, reste un symbole de fierté nationale et d’appartenance au pays », a-t-il souligné. Il a invité les jeunes générations à puiser dans le courage des martyrs la force de bâtir une Algérie prospère et unie.

M. Benayad a également mis en avant l’attention particulière portée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la préservation de la mémoire nationale, rappelant que ces commémorations témoignent non seulement des sacrifices consentis mais aussi de la détermination de l’Algérie à ne jamais oublier les crimes du colonialisme. « Ces événements tragiques ne doivent pas être réduits à de simples souvenirs ; ils sont des leçons de courage et de résilience à transmettre aux générations futures », a-t-il affirmé.

Une tragédie gravée dans l’histoire d’Oran

Le 28 février 1962, la place El-Tahtaha était animée par la vie quotidienne du quartier Medina Djedida. En ce mois sacré de Ramadan, les habitants étaient réunis pour leurs activités habituelles lorsque deux véhicules piégés explosèrent, semant la mort et la désolation. Plus de 80 personnes ont perdu la vie sur le coup, et des centaines d’autres ont été grièvement blessées. L’attaque s’inscrivait dans la politique de terreur menée par l’OAS, organisation criminelle opposée à l’indépendance de l’Algérie, qui multipliait alors les attaques sanglantes pour tenter de déstabiliser la population et briser son aspiration à la liberté.

Les témoignages poignants des survivants relatant la panique, les blessures et la destruction qui ont bouleversé le tissu urbain et les vies humaines, sont des récits, transmis de génération en génération, permettent de conserver vivante la mémoire de ce massacre et de rappeler la valeur inestimable du sacrifice des martyrs.

Un message d’espoir et de transmission

La commémoration de la Tahtaha n’est pas seulement un hommage aux victimes. Elle constitue un devoir de mémoire et un enseignement pour les jeunes générations. « Se souvenir, c’est inspirer, c’est guider nos jeunes pour qu’ils construisent un avenir à la hauteur des sacrifices de nos martyrs », a déclaré Fares El Seghir. 

Au-delà du souvenir, cette cérémonie rappelle que la liberté et la dignité ont été conquises au prix du sang et du courage, et que l’histoire du massacre de la Tahtaha reste un symbole de résilience et d’unité nationale. À Oran, comme partout en Algérie, garder vivante cette mémoire est une responsabilité collective, qui permet de transmettre aux nouvelles générations l’héritage précieux de ceux qui ont donné leur vie pour la patrie.