Wassila. B

Les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont plongé, hier, la région du Moyen-Orient dans l’horreur. Derrière les discours martiales vantant des opérations « chirurgicales », la réalité est tout autre : des écoles pulvérisées, des enfants fauchés en pleine classe, et un droit international piétiné avec une arrogance sans précédent. Le Golfe, poudrière mondiale, vient de voir sa mèche s’enflammer. Le ministère iranien de l’Intérieur a confirmé, par la voix de l’agence IRNA, ce que des millions de personnes ont vu en direct sur leurs écrans : des missiles américains et sionistes se sont abattus sur Téhéran, Ispahan, Tabriz, Karaj et Qom. Loin des frappes « limitées » conçues par les stratèges sionistes, ce sont des villes entières qui ont tremblé, des quartiers résidentiels qui ont été soufflés, des vies brisées en une fraction de seconde. Mais le véritable séisme, celui qui restera gravé comme la honte de ce conflit, s’est produit dans la province de Hormozgan. À l’école primaire de filles « Shajarat al-Tayyiba » de Minab, 60 petites filles ont été tuées sous les décombres. Soixante innocentes, assassinées alors qu’elles apprenaient à lire et à écrire. C’est ce bilan effroyable qui donne toute sa mesure à la condamnation, d’une rare fermeté, du ministre norvégien des Affaires étrangères. Espen Barth Eide n’a pas mâché ses mots : cette campagne « n’est pas conforme au droit international ». Une litote diplomatique pour décrire un carnage. Car en attaquant un État souverain en plein processus diplomatique, en bombardant sans se soucier des vies civiles, Washington et l’entité sioniste ont déchiré un à un les articles de la Charte des Nations unies. Ils ont prouvé que, pour eux, la loi du plus fort reste la seule règle qui vaille.

Risque d’embrasement généralisé

L’Union africaine a immédiatement mis en garde contre une « instabilité mondiale ». La Russie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a haussé le ton, dénonçant une « aventure dangereuse » visant à « renverser le gouvernement iranien » et appelant à un retour d’urgence à la diplomatie. Ces mises en garde ne sont pas de simples postures géopolitiques. Elles traduisent une peur viscérale : celle de voir les détroits stratégiques s’embraser et les flux pétroliers mondiaux être interrompus. Les marchés, baromètres implacables de la peur, tremblent déjà à l’idée d’un nouveau choc pétrolier qui achèverait de mettre à genoux une économie mondiale convalescente.

L’ironie la plus tragique de cette attaque est son échec retentissant. L’objectif affiché était de détruire le programme balistique iranien, d’empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire. Le résultat est exactement inverse. L’Iran a immédiatement répliqué par des salves de missiles balistiques, prouvant que sa puissance de feu est non seulement intacte, mais décuplée par la colère. L’appel international à la « retenue maximale » sonne aujourd’hui comme une interrogation. Comment appeler à la retenue quand le sang des petites filles de Minab n’a pas fini de sécher ? Face à ce désastre, une seule institution peut encore tenter d’éteindre l’incendie : le Conseil de sécurité de l’ONU. Il doit se réunir d’urgence, non pas pour des consultations stériles, mais pour imposer le silence des armes. Il en va de la survie d’une région, et peut-être de la paix du monde. Car ce qui s’est joué hier au-dessus de Téhéran, ce n’est pas seulement une escalade militaire de plus, c’est l’enterrement définitif du droit international sous les décombres d’une école primaire.