
Wassila. B
L’Algérie est en train de gagner un pari majeur. Après l’entrée en exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet, c’est désormais au tour de la mine de zinc et de plomb de Tala Hamza-Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, de s’apprêter à écrire une nouvelle page de l’histoire industrielle nationale. Ce projet, dont le lancement est imminent, n’est pas un simple chantier de plus. Il incarne la vision d’un pays qui a décidé de valoriser souverainement ses ressources naturelles pour bâtir une économie résiliente et tournée vers l’avenir.
Les réunions préparatoires tenues entre le wali de Béjaïa, les élus, le PDG du groupe Sonarem et les citoyens d’Aït Bouzid ne sont pas des formalités administratives. Elles sont le symbole d’une approche inclusive et responsable, où les propriétaires des terres et les acteurs locaux sont associés à la concrétisation de ce « projet stratégique ». Cette concertation est la garantie d’un développement harmonieux, respectueux des hommes et des territoires.
Mais au-delà de l’aspect procédural, c’est la portée économique et sociale de cette mine qui force l’admiration. Classé 12e au niveau mondial par ses réserves, le gisement de Tala Hamza-Oued Amizour est un géant endormi qui va enfin se réveiller. Avec un investissement de 471 millions de dollars et une production annuelle prévue de 170.000 tonnes de concentré de zinc et 30.000 tonnes de plomb, ce projet est un véritable moteur de croissance.
Les retombées seront multiples et profondes. Sur le plan local, à Béjaïa, c’est une bouffée d’oxygène en matière d’emploi qui se profile. Les emplois directs et indirects créés redonneront vie à la région. Mais l’enjeu dépasse largement le cadre local. Ce projet incarne la volonté de rompre avec la logique d’exportation des matières premières brutes. En intégrant le transfert d’expertise et de technologie, en développant une industrie minière de transformation, l’Algérie jette les bases d’une véritable chaîne de valeur ajoutée. Nous ne vendrons plus seulement du minerai ; nous apprendrons à le transformer, à le maîtriser, et à en tirer la substance nécessaire à notre renaissance industrielle.
Avec la concrétisation de ce projet, l’Algérie coche une deuxième case sur la feuille de route des « trois grands ». Après le fer de Gara Djebilet, voici le zinc et le plomb de Béjaïa, bientôt suivis par le phosphate de Tébessa en 2027. Cette dynamique en cascade prouve que le pays est entré dans une phase de réalisation concrète et accélérée.
Le lancement de la mine de Tala Hamza-Amizour est plus qu’un événement minier : c’est un message d’espoir et de détermination. C’est la preuve que lorsque la volonté politique rencontre l’engagement des acteurs économiques et l’adhésion des citoyens, l’Algérie retrouve le chemin des grands chantiers. Ce projet est une fierté nationale, un pas de plus vers la diversification de notre économie, et le gage d’un avenir où notre sous-sol, riche et généreux, contribue enfin pleinement à la prospérité du pays tout entier. L’Algérie se construit, et elle le fait avec la force de ses montagnes et l’intelligence de ses fils.


