H. Nassira 

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, organisée à l’amphithéâtre pédagogique de l’EHU 1er Novembre 1954 d’Oran, le professeur Sofiane Ali Hallassa, coordonnateur national du programme de lutte contre la tuberculose au ministère de la Santé, a fait état d’un recul progressif du nombre d’infections, qu’elles soient pulmonaires ou extra-pulmonaires. 

Les données présentées font apparaître une incidence de 38 cas extra-pulmonaires pour 100 000 habitants et de 8 cas de tuberculose contagieuse pour 100 000 habitants, pour un total de 18 850 cas enregistrés entre 2025 et janvier 2026.

Le représentant du ministère a souligné que l’Algérie a atteint les objectifs fixés en matière de réduction de la maladie. Le pays s’oriente désormais vers une phase plus ambitieuse visant à contenir durablement, voire à éliminer, la propagation de l’infection grâce à un programme national structuré autour de cinq axes stratégiques, déployés en coordination étroite entre l’administration centrale et l’ensemble des wilayas.  

38 cas pour 100 000 habitants : une incidence en nette baisse

Selon les responsables sanitaires, l’Algérie est parvenue à infléchir significativement la courbe épidémiologique. Alors qu’il y a deux décennies le taux d’incidence avoisinait 60 cas pour 100 000 habitants, il s’établit aujourd’hui à 38 cas pour 100 000 habitants pour la tuberculose pulmonaire, et à seulement 8 cas pour 100 000 habitants pour la forme contagieuse.  

Sur l’ensemble des infections recensées, 13 334 concernent des formes extra-pulmonaires contre 4 940 cas pulmonaires. La prise en charge est assurée par un réseau national de 240 laboratoires, dont le rôle est déterminant dans le diagnostic précoce et la rupture des chaînes de transmission. Les autorités sanitaires misent notamment sur la simplification du parcours de soins dès le dépistage initial afin d’identifier rapidement les foyers de contamination et d’en limiter l’extension.

Évoquant les fondements de la stratégie nationale, le Pr Hallassa a précisé que celle-ci repose, outre le dépistage précoce et la mobilisation de ressources financières dédiées, sur une offre de soins de proximité accessible dans chaque daïra et sur un maillage de laboratoires couvrant l’ensemble du territoire. L’Algérie figure par ailleurs parmi les rares pays à garantir la gratuité totale du traitement antituberculeux. Ces médicaments, indisponibles dans les officines privées, sont exclusivement délivrés au sein des structures hospitalières, un dispositif qui facilite également le repérage et le suivi des cas contacts grâce à l’encadrement médical continu.

Parallèlement, l’État mobilise médecins généralistes et spécialistes autour d’un protocole uniforme appliqué dans toutes les wilayas, sous la supervision d’encadreurs chargés d’assurer le respect strict des recommandations nationales. Le coordonnateur a qualifié les indicateurs actuels de « rassurants », estimant qu’ils confirment une tendance durable à la décrue de la maladie.

La rencontre scientifique s’est achevée par une série de recommandations insistant sur la nécessité de renforcer la coordination entre les services d’épidémiologie, de médecine préventive et les différentes structures de soins afin d’assurer une circulation rapide et fiable de l’information sanitaire.

Les participants ont également plaidé pour l’actualisation régulière des bases de données au niveau des wilayas concernant les patients atteints, condition essentielle pour garantir un suivi précis et continu. Enfin, les acteurs du secteur prévoient le déploiement de campagnes de sensibilisation de proximité dans les zones à forte densité démographique, en partenariat avec la société civile, afin d’encourager le dépistage précoce et de prévenir la transmission de la maladie.