H. Nassira

La wilaya d’Oran a enclenché la troisième phase du Système d’information national d’immatriculation des véhicules, en application des directives du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports. Depuis son lancement, dimanche 5 avril, un afflux inhabituel est observé au niveau des services communaux.

Face à cet engouement, la direction de l’Organisation et des Affaires générales a tenu à rassurer, mercredi, à travers des précisions importantes : les anciennes cartes grises, tant qu’elles sont valides, demeurent en vigueur. Le nouveau dispositif concerne, à ce stade, uniquement les véhicules faisant l’objet d’une vente ou d’une modification de caractéristiques.

Une clarification qui apaise les inquiétudes, tout en annonçant un tournant dans le marché automobile. Le système, plus transparent, commence déjà à ébranler l’activité des courtiers et à exercer une pression à la baisse sur les prix.

Bir El Djir : démarrage sous forte pression

À Bir El Djir, le dispositif a été lancé dans les délégations d’El-Nour (USTO) et Amir Abdelkader (Traversa), en attendant sa généralisation progressive à d’autres structures, notamment El Yasmine et Ben Daoud (Sidi Bachir).

Dès les premières heures, une forte affluence a été enregistrée, notamment à El-Nour, où plus de 150 citoyens se sont présentés pour finaliser des transactions ou obtenir leur carte grise. Entre demandes d’informations sur les nouvelles procédures numériques, régularisation de dossiers et correction d’erreurs, les services ont été mis à rude épreuve.

Les détenteurs d’anciennes cartes grises valides ont, pour leur part, poursuivi leurs opérations de vente sans entrave, profitant de la simplification des démarches promise par le nouveau système.

Sidi Chahmi : cap sur le tout-numérique

À Sidi Chahmi, les autorités locales ont franchi un cap supplémentaire. Désormais, toutes les opérations de vente de véhicules sont centralisées au niveau du bureau des cartes grises du siège communal, actant l’abandon définitif de l’ancien système.

Le nouveau modèle introduit une carte grise dotée d’un code QR, permettant une vérification rapide et sécurisée des données. Les contrats de vente sont désormais intégrés dans une plateforme numérique centralisée.

Conséquence directe : la fin du dossier papier volumineux. Les citoyens doivent simplement présenter la carte grise originale avec code QR, une copie, les cartes d’identité biométriques des deux parties, ainsi que les pièces complémentaires exigées.

Société civile : “un coup d’arrêt aux pratiques des courtiers”

Du côté de la société civile, le nouveau système est accueilli favorablement. La Fédération de la société civile de Bir El Djir y voit une avancée majeure vers la transparence du marché automobile.

Selon son représentant, Ibrahim Ayad, ce dispositif met un terme aux pratiques spéculatives en imposant des transactions directes et encadrées au sein des administrations. Il souligne également son impact immédiat sur les prix, déjà orientés à la baisse.

Tout en saluant cette réforme, il appelle néanmoins à renforcer la communication autour des nouvelles procédures, afin de réduire la pression constatée dans certaines APC, liée principalement à un manque d’information.

Précisions officielles pour lever toute confusion

Dans son communiqué, la direction de l’Organisation et des Affaires générales a détaillé les modalités d’application de cette troisième phase, mettant fin aux incompréhensions.

Les opérations de vente, qu’il s’agisse de véhicules touristiques, utilitaires ou engins, immatriculés ou neufs, sont désormais validées via le système numérique. Le permis de vente est délivré en trois exemplaires originaux, signés par les deux parties et authentifiés par un agent habilité.

Parmi les exigences : photos d’identité, cartes biométriques obligatoires et empreinte digitale de l’index gauche.

Un virage numérique assumé qui, malgré un démarrage sous tension, s’impose progressivement comme un levier de transparence et de régulation du marché automobile à Oran.