Wassila. B
En ces jours de célébration de la Fête du Travail, la voix du président Abdelmadjid Tebboune résonne avec une force particulière. Non pas par les formules rituelles habituelles, mais par l’exposition d’un chiffre qui résume une philosophie de gouvernement : 46 milliards de dollars alloués aux subventions et transferts sociaux dans la Loi de finances 2026. Ce chiffre, inscrit dans le marbre budgétaire, n’est pas un simple artifice comptable. Il est le prolongement d’un engagement pris dès 2022, celui de ne pas abandonner les Algériens sur le chemin difficile de la reconstruction nationale. Le président Tebboune l’a rappelé avec une clarté rare : depuis la première revalorisation salariale, une série de mesures structurantes a vu le jour. Allocation chômage, allocation pour la femme au foyer, soutien aux personnes aux besoins spécifiques, revalorisation des bourses universitaires, allongement du congé de maternité, et cette hausse « automatique » du SNMG couplée au seuil minimum des retraites. Sans oublier l’exonération fiscale pour les bas revenus. Autant de réformes qui forment aujourd’hui un rempart social dont peu de pays, y compris parmi les plus riches, peuvent se vanter.
Le chef de l’État a eu le mérite de rappeler d’où nous venions, afin de mesurer le chemin parcouru. En décembre 2019, l’Algérie, selon sa propre expression, était « au bord de l’effondrement » : économie exsangue, climat social délétère, rupture de confiance générale. C’est de ce « trou » que l’Algérie est sortie pour afficher aujourd’hui une protection sociale que le président qualifie avec fierté de « meilleure couverture ».
Mais la grandeur d’un État social ne se mesure pas uniquement à la générosité des transferts. Elle se juge aussi à sa capacité à empêcher que cette générosité ne devienne une aubaine pour les prédateurs. Le message présidentiel a été, sur ce point, d’une fermeté exemplaire : maintenir les subventions, oui, mais les préserver de la spéculation, des fluctuations artificielles des prix et de la « rareté provoquée ». L’appel à la « vigilance », à la « fermeté » et à la mobilisation des mécanismes juridiques contre les spéculateurs n’est pas une simple formule. C’est un avertissement clair : l’argent du peuple ne doit pas servir à enrichir illégalement ceux qui détournent les aides de l’État.
En cette Fête du Travail, deux leçons se dégagent. La première est que la stabilité sociale est un choix politique assumé, qui a un coût de 46 milliards de dollars, mais que la nation est prête à payer pour préserver la paix civile. La seconde est que cette solidarité nationale ne saurait être un puits sans fond. Elle exige en retour la responsabilité de tous : des citoyens, bien sûr, mais surtout de ceux qui tentent de jouer avec le pain quotidien des familles. Aujourd’hui, l’heure n’est pas un hymne béat ; c’est un constat. Celui d’un président qui a trouvé une Algérie à genoux et qui redessine un modèle où le social n’est pas une variable d’ajustement, mais le socle de la légitimité. L’édifice social ne tient que par la confiance et la justice.



